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Historique dette de la France depuis 1950 et actuelle
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La dette de la France est de 3596 Milliards à Juin 2026

Dette publique, déficit et crise économique en France depuis 1950 : évolution trimestrielle, comparaison entre présidences, et comparaison internationale.

🔎 La dette en bref

  • 🏛️ Par présidence — de Vincent Auriol à Emmanuel Macron, l'évolution de la dette en % du PIB sous chaque président depuis 1947.
  • 📈 Dette actuelle — la dette atteint 3596 Milliards à fin Juin 2026, avec un rythme d'augmentation annuel toujours très soutenu.
  • ⚖️ Règle d'or — reprendre le contrôle de la dette : un frein au déficit inscrit dans la Constitution, avec un vote qualifié du Parlement pour le dépasser, comme en Allemagne. Ce que proposent les candidats à la présidentielle.
  • 🌍 Comparaison Europe — la France se situe parmi les 3 pays les plus endettés d'Europe.

La dette est alimentée par les déficits successifs des budgets de l'Etat    analyse des déficits depuis 1959
Elle s'approche dangereusement de la zone hors de contrôle    analyse gestion de la dette

La dette publique de la France par présidence depuis 1950 Dette publique de la France en pourcentage du PIB, par présidence, de Vincent Auriol à Emmanuel Macron (1947-2026)

data : Banque de France (Webstat) · calculs et graphique : france-inflation.com

Une dette en constante augmentation depuis les années 80

On peut distinguer plusieurs grandes périodes durant ces décennies :
  • 1950 - 1959 : une dette autour de 25 à 30 % du PIB selon l'INSEE et la Banque de France (données disponibles à partir de 1950). Les reconstitutions historiques plus larges la placent bien plus haut juste après la guerre (près de 99 % en 1947 selon l'Institut Avant-garde), avant que l'inflation très forte des années 1940 et 1950 et la croissance rapide des « Trente Glorieuses » n'allègent fortement son poids.
  • 1960 - 1980 : maitrise de la dette à un niveau bas malgré des crises majeures comme Mai 68, choc pétrolier.
  • 1981 - 1995 : choix assumé des déficits importants, la dette s'envole.
  • 1995 - 2001 : critères de Maastricht et passage à l'euro, la dette se stabilise brièvement vers 60% du PIB
  • 2002 - aujourd'hui : la dette comme solution court-termiste aux crises, plus de limite.
On pourrait dire que l'on ne peut rien contre les successions de crises majeures comme les subprimes de 2008, le covid de 2020, l'énergie de 2023 à 2026, mais la comparaison avec un pays proche, l'Allemagne, démontre que ce n'est pas le cas.
Sa dette augmente aussi pendant ces mêmes crises, mais elle sait revenir à une situation d'avant crise par la suite, sa dette est ainsi contenue entre 60% et 80% du PIB. Comparaison avec l'Allemagne
Pour la France, le pilotage de la dette apparaît en comparaison hors de contrôle et insouciant.
Cela ressemble à une fuite en avant, non pas pour préparer l'avenir par des investissements long terme, mais pour financer le confort des générations actuelles.
La charge de cette dette sera supportée par les générations futures sans qu'elles n'en tirent aucun dividende.

Dette en Milliards et en % du PIB par présidence

Président Période Dette fin de mandat Variation Durée
% PIB Mds € % PIB Mds €
Auriol 1947–1954 26,4 % 6 n.d. n.d. 7 ans
Coty 1954–1959 28,0 % 11 +1,6 pt +5 5 ans
de Gaulle 1959–1969 15,4 % 16 -12,6 pt +5 10 ans
Pompidou 1969–1974 13,8 % 26 -1,6 pt +10 5 ans
Giscard 1974–1981 21,8 % 103 +8,0 pt +77 7 ans
Mitterrand 1981–1995 53,9 % 641 +32,1 pt +538 14 ans
Chirac 1995–2007 65,4 % 1 230 +11,5 pt +589 12 ans
Sarkozy 2007–2012 89,8 % 1 862 +24,4 pt +632 5 ans
Hollande 2012–2017 98,4 % 2 217 +8,6 pt +355 5 ans
Macron 2017–2027 (en cours) 119,0 % 3 596 +20,6 pt +1 379 10 ans

Dette à la fin de chaque mandat, et variation depuis le début du mandat (= la dette à la fin du mandat précédent). Pas de variation pour Auriol (n.d.) : les données commencent en 1950, après le début de son mandat. Variation brute sur la période, sans ajustement du contexte économique (crises, guerres, pandémies) — voir la rubrique Gestion de la dette pour une mise en perspective.
Mandat "en cours" : les chiffres reflètent la dernière donnée connue, pas la fin théorique du mandat.

Evolution trimestrielle de la dette de la France
2025 2026 Évolution sur 12 mois
T2 T3 T4 T1 T2
Dette publique en Mds 3 417,2 3 484,1 3 460,1 3 535,9 3 595,5 +178,3 Md€
+5,2 %
Dette par rapport au PIB 115,2 % 117,0 % 115,7 % 117,5 % 119,0 % +3,8 pt
Évolution en Mds 70,9 66,9 -24,0 75,8 59,6  
 
PIB en Mds 2 967,5 2 978,9 2 995,2 3 008,2 3 022,6 +55,1 Md€
+1,9 %
Évolution en Mds 15,7 11,4 16,3 13,0 14,4  

data : INSEE (dette au sens de Maastricht, valeur, % du PIB, et PIB en valeur — séries BDM 010777616, 010777608, 011794859)

Sur les 4 derniers trimestres, la dette a évolué de 178,3 Milliards (+5,2 %).
Pendant le même temps, le PIB a évolué de 55,1 Milliards (+1,9 %).
La dette progresse donc nettement plus vite que l'activité économique qui doit la financer : c'est précisément ce qui fait grimper mécaniquement le poids de la dette dans l'économie (le ratio dette/PIB), l'indicateur clé pour juger de sa soutenabilité.

L'effet « boule de neige »

La dette évolue sous l'effet de deux forces :

  • Le solde primaire (recettes moins dépenses, hors intérêts) : un déficit primaire ajoute directement de la dette.
  • L'écart entre le taux d'intérêt et la croissance du PIB en valeur (inflation comprise), appliqué à toute la dette déjà accumulée.

Le second est l'effet « boule de neige ». Quand le taux d'intérêt dépasse la croissance, la dette progresse d'elle-même, même sans nouveau déficit primaire : les intérêts s'ajoutent à la dette, et produisent à leur tour des intérêts. Plus la dette est élevée, plus l'effet est puissant. Quand c'est la croissance qui dépasse le taux d'intérêt, l'effet s'inverse et la dette fond mécaniquement, comme pendant les Trente Glorieuses.

Exemple chiffré (hypothèses illustratives) : avec une dette de 120 % du PIB, un taux d'intérêt de 3,5 % et une croissance en valeur de 3 %, l'écart de 0,5 point coûte environ 0,6 point de PIB par an. Il faut donc déjà un excédent primaire d'environ 0,6 % du PIB pour seulement stabiliser le ratio. À 60 % de dette, il en faudrait deux fois moins. Plus la dette est haute, plus la stabiliser demande d'effort, et plus elle est vulnérable à une remontée des taux.

Le déficit qui stabilise la dette dépend ainsi de la croissance, des taux et du niveau de dette. Depuis 1976, les budgets votés ont systématiquement dépassé ce seuil : la dette augmente plus vite que le PIB.

Simulateur : projeter l'évolution de la dette selon la croissance du PIB, le déficit et les taux d'intérêt.

La dette est alimentée par les déficits successifs des budgets de l'Etat    analyse des déficits depuis 1959

La dette de la France en 3ème position en Europe

data : Eurostat (dette publique au sens de Maastricht, % du PIB — 2026-Q1) · calculs et graphique : france-inflation.com

La situation est très contrastée pour les principaux pays de la zone euro.
Parmi les critères de convergence de Maastricht, l'endettement d'un pays ne devrait pas dépasser 60% de son PIB. La France ignore manifestement totalement ce critère de bonne gestion.

Devant la France : la Grèce et l'Italie, deux dettes héritées de l'histoire

Au 1er trimestre 2026, selon Eurostat, la dette atteint environ 143 % du PIB en Grèce et 139 % en Italie, contre près de 118 % pour la France. Ces deux pays ont pourtant une trajectoire très différente de la nôtre.

  • La Grèce a subi la crise de 2010 : faillite de fait, plans d'aide de l'Union européenne et du FMI, et une cure d'austérité qui a fait perdre au pays près d'un quart de son PIB. Sa dette avait dépassé 200 % du PIB en 2020. Elle recule depuis, grâce à une forte reprise de l'activité, à des excédents budgétaires avant paiement des intérêts, et à des prêts européens à très long terme et à taux très bas. Le pays est donc en désendettement, alors que la France continue de s'endetter.
  • L'Italie a une dette supérieure à 100 % du PIB depuis le début des années 1990. Pendant près de trente ans, elle a dégagé un excédent primaire (recettes supérieures aux dépenses hors intérêts), ce que la France n'a pas fait depuis de nombreuses années. Malgré cela, la dette est restée très élevée : la croissance est faible et la charge d'intérêts, de l'ordre de 4 % du PIB, est la plus lourde de la zone euro et absorbe l'essentiel de l'excédent. Les aides massives à la rénovation des bâtiments (« Superbonus ») ont fait dériver les comptes entre 2020 et 2023, avant un retour à l'excédent primaire en 2024. La dette est aussi en grande partie détenue par des investisseurs résidents, ce qui la rend moins dépendante des marchés étrangers.

Ces deux exemples montrent qu'une fois la charge de la dette devenue lourde, il est très difficile de la faire redescendre. L'Italie dégage des excédents primaires et reste prisonnière de ses intérêts, la Grèce a dû passer par une crise et une aide européenne exceptionnelle. La France, elle, a encore un déficit primaire et une charge d'intérêts qui augmente : plus on attend, plus l'effort à fournir sera important.

À l'opposé : comment font l'Estonie, la Bulgarie ou le Luxembourg ?

Les dettes les plus faibles de la zone euro sont en Estonie (environ 25 % du PIB), en Bulgarie (environ 29 %) et au Luxembourg (un peu plus de 25 %). Chacun a ses raisons, mais on retrouve plusieurs points communs :

  • Un départ sans dette. L'Estonie est repartie de presque zéro en 1991 à la sortie de l'URSS, et la Bulgarie a assaini ses comptes après la crise de 1996-1997, avec un régime de caisse d'émission (la monnaie nationale rattachée strictement à une monnaie étrangère, ce qui interdit de financer le déficit en imprimant de la monnaie). La Bulgarie est entrée dans l'euro en janvier 2026.
  • Des règles budgétaires prises au sérieux, avec une tradition d'équilibre du budget, dans des pays qui n'ont jamais pris l'habitude du déficit permanent.
  • Une dépense publique plus modeste. Elle est nettement plus basse que les quelque 57 % du PIB de la France, l'un des plus hauts niveaux d'Europe. Moins de dépenses, c'est moins de déficit à financer.
  • Au Luxembourg, des recettes abondantes liées à la place financière, avec des comptes publics longtemps excédentaires.

La comparaison a ses limites : ce sont de petits pays, avec des systèmes de protection sociale moins coûteux, et leur dette remonte parfois ces dernières années (dépenses de défense notamment). Mais elle montre que la dette n'est pas une fatalité en zone euro : ces pays utilisent la même monnaie et sont soumis aux mêmes règles européennes que la France, avec des résultats très différents.

data : Eurostat, 1er trimestre 2026. Le graphique ci-dessus se met à jour automatiquement ; les chiffres cités dans ce texte sont arrêtés à cette date.

Dette de la France quasi au double de la dette Allemande

data : Eurostat (zone euro) et OCDE (États-Unis, Royaume-Uni) — dette publique au sens de Maastricht (dette brute consolidée), % du PIB, trimestriel · calculs et graphique : france-inflation.com

Le secret allemand : un frein à l'endettement inscrit dans la Constitution

Si la dette allemande revient toujours à un niveau raisonnable après chaque crise, ce n'est pas un hasard de conjoncture : c'est le résultat d'une règle de bonne gestion gravée dans sa Constitution (la Loi fondamentale, articles 109 et 115). Adoptée en 2009 en pleine crise des subprimes, elle s'appelle la Schuldenbremse, le « frein à l'endettement », et s'applique depuis 2016 pour l'État fédéral et depuis 2020 pour les Länder.

Son principe est simple :

  • L'État fédéral ne peut pas avoir un déficit structurel supérieur à 0,35 % du PIB.
  • Les Länder (les régions) doivent présenter des budgets sans déficit structurel.
  • Le déficit est dit « structurel » car corrigé de la conjoncture : en période de ralentissement, un déficit plus élevé est toléré, mais en période de croissance, il faut dégager des marges. Les écarts sont inscrits sur un « compte de contrôle » et doivent être résorbés par la suite.
  • Des exceptions existent pour les catastrophes naturelles et les situations d'urgence exceptionnelles, sur vote du Bundestag à la majorité, avec l'obligation de voter un plan de remboursement. C'est ce qui a été utilisé pour le covid et la crise de l'énergie.

C'est ce mécanisme qui explique la forme de la courbe allemande : la dette peut monter en cas de crise réelle, mais l'emprunt est borné, et la loi impose de rembourser ensuite. La règle est prise au sérieux : en novembre 2023, la Cour constitutionnelle de Karlsruhe a annulé le transfert de 60 Mds € de crédits non utilisés vers un fonds climat, estimant que cela contournait le frein à l'endettement, ce qui a obligé le gouvernement à revoir son budget en urgence.

En France au contraire, il n'existe aucune règle constitutionnelle équivalente. Les lois de programmation des finances publiques et les engagements européens (3 % de déficit, 60 % de dette) fixent des objectifs, mais ils peuvent être modifiés à chaque loi de finances, et leur non-respect n'a pas de conséquence concrète. Une trajectoire de déficit systématique devient alors la norme, ce que montre le graphique ci-dessus.

Nota : l'Allemagne a assoupli sa règle en mars 2025 : les dépenses de défense au-delà de 1 % du PIB sont désormais exclues du frein, un fonds spécial de 500 Mds € sur 12 ans est créé pour les infrastructures, et les Länder peuvent avoir un déficit structurel de 0,35 % du PIB. Sa dette devrait donc remonter dans les prochaines années. La différence avec la France tient à la méthode : l'endettement supplémentaire est voté explicitement, pour des investissements ciblés (défense, infrastructures), et non laissé dériver pour financer les dépenses courantes.

Et en France ? Une « règle d'or » dans le débat de la présidentielle

Dans la campagne présidentielle en cours, plusieurs candidats proposent d'inscrire dans la Constitution une « règle d'or » budgétaire. Le 6 octobre 2026, le Rassemblement national a détaillé la sienne, elle reposerait sur les éléments suivants (cf contre budget 2027):

  • Un plafond de déficit lié à la dynamique de la dette : le déficit annuel autorisé est fixé en dessous du niveau qui stabilise le ratio dette/PIB (0,5 point sous ce seuil), tant que la dette dépasse 60 % du PIB. Autrement dit, la règle impose que la dette baisse chaque année, et pas seulement que le déficit reste « raisonnable ».
  • Des dérogations strictement encadrées : crise énergétique, récession ou tensions géopolitiques, avec un vote des deux chambres à la majorité des trois cinquièmes. Une dérogation ne peut pas être reconduite deux années de suite sans un nouveau référendum.
  • Une inscription dans la Constitution par référendum. La voie normale (article 89) exige d'abord le vote identique de l'Assemblée nationale et du Sénat. En cas de blocage parlementaire, le RN envisagerait la voie directe de l'article 11, qui contourne le Parlement mais dont la validité pour réviser la Constitution est contestée par la plupart des constitutionnalistes.
  • Une trajectoire de plafonds annuels : le déficit autorisé serait de 4,9 % du PIB en 2027, puis diminuerait d'environ un demi-point par an, pour atteindre 2,9 % en 2032.
  • Un objectif de dette : 112 % du PIB à la fin du quinquennat, puis un retour vers 60 % à très long terme. La règle resterait en vigueur tant que la dette ne serait pas durablement repassée sous ce seuil, comme le veut le critère de Maastricht.
  • Un objectif de dépenses publiques sous 50 % du PIB à la fin du quinquennat, contre 56,9 % prévus dans le PLF 2027, soit près de sept points de PIB de dépenses en moins.

Pour mesurer l'effort que représenterait une telle règle, voici la trajectoire prévue par le gouvernement dans le projet de loi de finances pour 2027 :

2025 (exécution)2026 (révisé)2027 (prévision)
Solde public (% du PIB)−5,1 %−5,4 %−5,0 %
Dette publique (% du PIB)115,7 %119,3 %121,7 %

Source : programmation des finances publiques du PLF 2027, en comptabilité nationale.

Le déficit prévu pour 2027 (5,0 % du PIB) est ainsi plus de dix fois supérieur à la limite allemande de 0,35 % du PIB*. Les plafonds de cette règle partent d'ailleurs très près de la prévision du gouvernement (4,9 % contre 5,0 % en 2027) : c'est la baisse progressive qui ferait la différence.

Cette version est nettement plus proche du modèle allemand que l'idée d'un simple plafond à 3 % du PIB dépassable par un vote : la règle est constitutionnelle, elle vise une baisse de la dette jusqu'à 60 % du PIB, elle s'appuie sur une forte baisse du poids des dépenses publiques, et la sortie exige une majorité qualifiée limitée dans le temps, comme en Allemagne où l'exception nécessite un vote du Bundestag et un plan de remboursement.

Quelques différences restent toutefois à noter :

  • Le niveau : le déficit autorisé (4,9 % en 2027, 2,9 % en 2032) resterait bien supérieur aux 0,35 % du PIB allemands, et l'objectif de 60 % de dette n'est annoncé qu'à très long terme, sans échéance. Le plafond dépend des hypothèses de croissance, d'inflation et de taux (le « seuil stabilisant » change chaque année).
  • Le remboursement : parmi les éléments publiés à ce jour, aucune obligation de rembourser après une dérogation n'est précisée, alors que c'est un pilier du frein allemand, ni l'instance chargée de faire respecter la règle (en Allemagne, la Cour constitutionnelle).
  • Le calendrier : il s'agit d'un programme de campagne. L'adoption passerait par un référendum, précédé du vote des deux chambres sauf recours à l'article 11, et dépendra de la rédaction finale.

Ce que montrent les chiffres officiels (INSEE, PLF 2027) : trois conditions de bonne gestion ont manqué à la France depuis le début des années 1980, quel que soit le candidat qui les porte aujourd'hui :

  • Stopper la hausse du poids de la dépense publique : elle représente près de 57 % du PIB, l'un des niveaux les plus élevés d'Europe, et l'objectif de la repasser vers 50 % touche à la source du déficit.
  • Stabiliser la dette puis la réduire : tant que le déficit dépasse le seuil stabilisant, l'effet « boule de neige » continue, quel que soit le niveau atteint (100 % ou 120 % du PIB).
  • Un frein au déficit qui oblige à voter pour le dépasser : la dette cesse d'être le résultat d'une dérive silencieuse et devient un choix assumé, expliqué et approuvé, comme en Allemagne.

Ce sont les bases de la gestion économique, pas des choix de société : elles permettent de juger toute proposition, d'où qu'elle vienne. L'usage que l'on fait ensuite des ressources (quelles dépenses, au profit de qui) relève du choix politique, qui n'est pas l'objet de cette page.

Addendum : les propositions des autres candidats

À titre d'information complémentaire, voici ce que les comparatifs de programmes publiés indiquent à ce jour (iFRAP, Sondages Présidentielle 2027) :

  • Gabriel Attal : règle d'or constitutionnelle « sur le modèle allemand », avec un déficit nul visé en 2037 et une étape à 3 % avant 2032 ; 120 à 150 milliards d'euros d'économies.
  • Édouard Philippe : règle d'or pour empêcher l'État de financer ses dépenses courantes par la dette, avec un déficit ramené à 2 % du PIB en 2032.
  • Bruno Retailleau : redressement des finances publiques de 120 milliards d'euros d'ici 2032 par la seule baisse des dépenses, et règle d'or par révision constitutionnelle soumise à référendum dès 2027.
  • Marine Tondelier : pas de règle d'or stricte ; renégocier la trajectoire de réduction du déficit et exclure les investissements climatiques du calcul du déficit autorisé.
  • Autres candidats : ni règle ni objectif chiffré de dépenses ou de dette dans les comparatifs consultés ; leurs positions sont surtout qualitatives et souvent exprimées à l'oral.

Les projets des candidats peuvent évoluer ou se préciser d'ici l'élection : cet encadré résume l'état du débat à la date indiquée (6 octobre 2026).
* La limite est de 0.35% de PIB « structurel », c'est à dire corrigé des périodes de ralentissement de la croissance.

Evolution de la dette publique depuis 1820 Dette Publique de la France depuis 1800

Différentes sources :
PIB, Inflation Developpement-Durable.gouv, Dette 1815-1977 Bibliothèque Nationale, Annuaires Statistisques de la France par SGF puis Insee, Dette 1978-2012 Insee série longue

Estimation de l'évolution de la dette par rapport au PIB de la France.

Histoire de la dette : des guerres aux crises économiques

L'histoire de la dette est intimement liée à l'histoire de la France depuis au moins 1515, date à laquelle le recours aux emprunts pour financer les budgets de la royauté devient la normalité (François Ier crée en 1522 les premières rentes sur l'Hôtel de Ville de Paris).

Les premières causes d'augmentation de la dette sont les guerres, qui génèrent d'importants emprunts pour permettre leur financement, puis bien souvent, pour payer des dommages lors des défaites.
Viennent ensuite les crises économiques, qui tendent à remplacer les guerres dans les temps plus modernes.
Voici les grands événements qui ont structuré cette histoire (voir le graphique ci-dessus).

L'Ancien Régime : des guerres financées à crédit (1515-1789)

Les guerres de François Ier, les guerres de religion, puis surtout les guerres incessantes de Louis XIV sont financées par l'emprunt, les rentes et la vente d'offices. L'Ancien Régime connaît de nombreuses banqueroutes partielles, et à la mort de Louis XIV en 1715, l'État est au bord de la faillite.

La Régence tente de s'en sortir avec le « système de Law » (1716-1720) : une banque qui émet du papier-monnaie et une compagnie commerciale censées rembourser la dette. La spéculation s'emballe, puis tout s'effondre en 1720, et la défiance des Français envers le papier-monnaie dure longtemps.

Au XVIIIe siècle, la guerre de Sept Ans (1756-1763), perdue, puis l'aide à l'indépendance américaine (1778-1783), financée presque entièrement par l'emprunt, alourdissent encore la dette. En 1788, le service de la dette absorbe environ la moitié des dépenses du royaume. Faute de ressources nouvelles, Louis XVI convoque les États généraux en 1789 : la crise de la dette est l'une des causes immédiates de la Révolution.

La Révolution : assignats et banqueroute des Deux-Tiers (1789-1797)

Les révolutionnaires reprennent la dette de la monarchie et nationalisent les biens du clergé. Ils émettent des assignats, d'abord gagés sur ces biens nationaux, puis imprimés en quantités croissantes : l'inflation s'emballe et ce papier-monnaie perd presque toute sa valeur avant d'être abandonné en 1796.

Le dernier défaut de paiement de la France a eu lieu peu après la révolution de 1789, ce fut la Banqueroute des Deux-Tiers en 1797.

2/3 des dettes perpétuelles ont alors été remboursées en bons au porteur qui se sont aussitôt dévalués, comme les assignats avant eux, par rapport à l'or.

Ces 2/3 ont été rayés du grand livre de la Dette publique, seul le tiers restant est resté inscrit comme à honorer par la France.

Le XIXe siècle : une monnaie stable, des défaites qui coûtent cher (1800-1914)

Bonaparte rétablit la confiance : création de la Banque de France (1800) et du franc germinal (1803), qui restera une monnaie stable jusqu'en 1914. Les guerres napoléoniennes sont financées en partie par les pays conquis, et la dette reste modeste.

Les défaites, elles, se paient : en 1815, la France doit verser 700 millions de francs d'indemnités aux vainqueurs et financer l'occupation de son territoire. En 1871, après la guerre contre la Prusse, l'indemnité atteint 5 milliards de francs-or, payée dès 1873 grâce à deux emprunts publics massivement souscrits par les épargnants français. La dette d'État, appelée « la rente », devient alors le placement préféré de l'épargne et passe pour un placement sûr.

1914-1945 : deux guerres mondiales, et l'inflation efface la dette

La Première Guerre mondiale est financée par des emprunts nationaux, des avances de la Banque de France et des prêts britanniques et américains, dans l'espoir que « l'Allemagne paiera ». La dette est multipliée, puis l'inflation des années 1920 en réduit la valeur réelle. En 1928, le « franc Poincaré » est stabilisé après une dévaluation d'environ 80 % par rapport à 1914 : les épargnants qui détenaient des rentes perdent l'essentiel de leur valeur, c'est un défaut déguisé par la monnaie.

Après la crise de 1929, les années 1930 sont marquées par les dévaluations et les déficits. La Seconde Guerre mondiale et l'Occupation coûtent à nouveau très cher, et l'inflation de 1944 à 1950 fait fondre ce qui reste de la dette en valeur réelle.

Les Trente Glorieuses : une dette qui fond (1945-1974)

Après guerre, avec la reconstruction et l'essor économique, la croissance française a été exceptionnelle, de l'ordre de 5 % par an de 1945 à 1975 (comme dans beaucoup d'autres pays). Avec une inflation forte et des taux d'intérêt réels faibles, le poids de la dette dans l'économie s'allège : elle tourne autour de 20 % du PIB à la fin des années 1970.

Depuis 1974 : chocs pétroliers et dérive des déficits

Après les chocs pétroliers de 1973 et 1979, la croissance ralentit durablement : de 1976 à 2012 elle est de l'ordre de 2 % par an, et plus faible encore depuis 2008. Les budgets ne s'ajustent pas à ce nouveau rythme : depuis le milieu des années 1970, la France n'a plus connu d'excédent budgétaire. La dette augmente depuis cette date, car le budget de l'État n'a pas ralenti sa progression pour s'ajuster à cette faible croissance.

Les années 1980 voient la relance de 1981, puis le « tournant de la rigueur » de 1983. Dans les années 1980 et 1990, les taux d'intérêt réels dépassent la croissance, ce qui déclenche l'effet « boule de neige » (expliqué dans le chapitre sur la dette actuelle). Le traité de Maastricht (1992) fixe la règle des 3 % de déficit et 60 % de dette, puis le passage à l'euro en 1999 amène une brève stabilisation de la dette autour de 58-60 % du PIB.

Depuis 2008 : une crise chasse l'autre

La crise des subprimes de 2008, puis celle de la zone euro, font passer la dette d'environ 64 % du PIB fin 2007 à plus de 90 % en 2012. La crise du covid et le « quoi qu'il en coûte » de 2020 la propulsent de 98 % à près de 115 %. Les aides face à la crise de l'énergie, après 2021, l'alourdissent encore, et début 2026 elle approche 118 % du PIB selon Eurostat.

À chaque crise la dette monte d'un cran, mais elle ne redescend que très peu ensuite : c'est la différence essentielle avec l'Allemagne, qui sait revenir à son niveau d'avant crise (voir la comparaison).

Nota :
Il est difficile de retrouver la valeur de la dette avant 1938, les règles des bilans comptables sont assez variables quand on remonte dans le temps, on constate des confusions entre la charge de la dette et le capital de la dette, les différents défauts de paiement jusqu'en 1797 effacent une partie de la dette, les remboursements ou amortissement n'apparaissent que assez tardivement...
Donc ce graphique est donné à titre pédagogique, il est forcément entaché d'erreurs inévitables du fait de l'imprécision des données disponibles.
Les valeurs certaines sont celles à partir de 1978, avec la dette calculée suivant la définition de Maastricht. La dette est d'ailleurs plus importante avec ces nouvelles règles que celle calculée par le passé (léger décrochement du graphique en 1978).
L'allure générale du graphique est cependant cohérente avec les différentes études publiées sur le sujet.

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NANDO
2026-01-19 16:00:55

Qu'est ce que c'est que ces chiffres 2011 nous sommes en 2026; et qu'importe tous ces soit disant calcul de dette, nous savons tous aujourd'hui que ce sont tous ces gouvernements qui bouffent tout l'argent de la France, un grand ménage de tous ces incapables qui s'engraissent sur le dos de tous les Français, dehors tous ces rigolos, et tout comme une bonne gestion n'est jamais laissée d'un bon accompagnement, tous ces médias corrompus mettons y un point final, tous à la poubelle et repartons avec du sérieux et non du personnel cupide comme ils le sont tous, vive notre Patrie avec de vrais patriotes et non tous ces traitres qui se gavent !!!

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