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Evolution des dépenses et des recettes publiques de la France depuis 1960

Évolutions des Dépenses et des Recettes depuis 1960

Globalement, les dépenses et les recettes sont en constante augmentation depuis 1960. Les déficits sont permanents depuis 1974 et de plus en plus prononcés à chaque nouvelle crise. La dette est passée de 8.8% du PIB en 1972 à une prévision de 118.5% du PIB pour 2026.

Evolution des dépenses et des recettes du budget de l'Etat depuis 1960 en France

*Déficits = surface entre les courbes des dépenses et des recettes
Les dépenses et les recettes publiques sont exprimées en pourcentage du PIB, pour rester comparables dans le temps.
Les recettes traduisent la pression "fiscale" au sens large, elles sont composées à hauteur de 92 % de prélèvements obligatoires (impôts, taxes, cotisations) et de services facturés par l'État (forfaits hospitaliers, cantines, crèches...).
Pour chaque présidence, il est précisé son solde public moyen en % du PIB (recettes − dépenses) ainsi que sa dette finale.
Les années de transition sont attribuées au président sortant, la loi de finances alors en cours d'exécution ayant été votée sous sa présidence.


Des dépenses et des recettes globalement en hausse depuis 1960

I. De 1960 à 1985 : Forte augmentation des dépenses au rythme de +0.65% de PIB par an*.

Cette période couvre la fin des 30 glorieuses avec une croissance de 5% par an, les premiers chocs pétroliers de 1973 et 1979 avec une croissance à 4%. La part des dépenses pilotées par l'Etat passe de 36% à 54%, ses domaines d'intervention sont donc en constante extension.

Le montant des recettes suit de très près celui des dépenses jusqu'en 1974, mais ensuite il s'en écarte de plus en plus, les premiers déficits importants apparaissent.

II. De 1986 à 2025 : Augmentation des dépenses au rythme de 0.15% de PIB par an.

Les crises économiques se suivent, subprimes de 2008, Covid de 2020, Ukraine de 2022, et des politiques parfois contradictoires s'enchainent, état providence, rigueur, relance. Ceci imprime de grandes fluctuations dans les dépenses, sur toute la période elles varient dans une plage de 5% de PIB, mais la tendance générale est haussière.
Les dépenses publiques sont en hausse de 6% de PIB sur cette période.(cf. couloirs de fluctuation)

Quant aux recettes, de 1985 à 2010, soit pendant 25 ans, leur niveau a fluctué entre 49% et 52% du PIB, une cible à 50% semblait se dessiner. Mais la crise de 2008 a cassé ce couloir sous la pression d'un déficit déjà très élevé, elles augmentent jusqu'à atteindre leur record en 2017 à 54.3% du PIB. Depuis elles décroissent lentement, sachant que les années 2023 et 2024 sont artificiellement basses, suite à une erreur des lois de finance de ces années*.
Les recettes augmentent de +4% de PIB sur la période.(cf. couloirs de fluctuation)

III. Des déficits de plus en plus prononcés.

Depuis 1975, tous les budgets ont été déficitaires, avec les records aux plus fort des crises et des niveaux de déficit de plus en plus prononcés, alimentant la dette.

La dette augmente fortement, elle était de 8.8% du PIB en 1972, elle est prévue à 118.5% du PIB pour 2026.
Il n'y a pas de limite théorique formelle pour un niveau de dette souveraine. Tant que les investisseurs ont confiance en la capacité de remboursement de la France, et que le montant des intérêts à régler est acceptable dans le budget annuel, elle peut croître. Le plus structurant est sans doute l'engagement des pays membres de l'Europe à respecter 3% de déficit comme niveau maximum. Ce qui reste d'actualité pour le gouvernement, même si repoussé à plusieurs reprises. Dans l'hypothèse d'une telle trajectoire à moyen terme, le niveau de la dette devrait baisser.


* à part sous la présidence Pompidou qui est une exception avec une réduction des dépenses et des recettes.

Évolution des dépenses publiques par grands postes depuis 1960

Les dépenses publiques évoluent différemment suivant les postes concernés, voici leur evolution détaillée au niveau des prestations sociales, des frais de fonctionnement, des acquisitions de l'Etat et des intérêts à payer.

Evolution des dépenses et des recettes du budget de l'Etat depuis 1960 en France

Evolution des dépenses publiques par grands postes depuis 1960

Frais de fonctionnement

Ce poste est principalement composé de la masse salariale des fonctionnaires, il reflète donc leur nombre.
On retrouve bien l'année 1985 comme point de bascule :
- Avant 1985, ces dépenses sont en forte augmentation, reflétant l'extension des domaines d'intervention de l'Etat.
- Après 1985, on constate une tendance à la baisse, traduisant une modération des rémunérations, et une efficacité accrue.

Prestations sociales

En très forte augmentation sur toute la période, elles passent de 15% en 1960 à 35% en 2025 (projection hors Covid).
La période 1993-2000 apparaît comme particulière car baisse durant 7 années consécutives, ce qui fait basculer sur une tendance décalée de 4% de PIB vers le bas, pour les années post 2000.
En analysant le graphique dédié aux prestations sociales, ont découvre que sur cette période il y a eu simultanément une stabilisation des dépenses de santé, une baisse des aides à la famille et une baisse des indemnisations liées à l'emploi.

Acquisitions

L'effort de l'Etat pour opérer des acquisitions est resté relativement stable depuis 1960, proche de 5% du PIB. Le budget total étant passé de 35% du PIB en 1960 à 57% en 2025, la part relative des acquisitions dans le budget a beaucoup diminué.

Intérêts

Les intérêts sont liés aux sommes empruntées, donc à la dette, et aux taux d'intérêts de ces emprunts.
Ces taux sont passés de 5% en 1960 à 17% en 1981, ils ont ensuite régulièrement diminué pour être nuls et même négatifs de 2015 à 2021, puis sont repartis à la hausse depuis et s'approchent maintenant de 4%. Les intérêts à payer sont passés de 1 point de PIB dans les années soixante, à 3.6% de PIB en 1996, puis ont baissé pour arriver à 1.3% en 2020. Ils sont actuellement à 2.2%, et étant donné que nous devons emprunter tous les ans plus de 300 Md€, nous devenons sensibles à ces dépenses.

Évolution des prestations sociales depuis 1960

Les dépenses liées aux retraites et à la santé représentent plus de 80% des dépenses pour prestations sociales en 2025.
Evolution des dépenses et des recettes du budget de l'Etat depuis 1960 en France

Source : Drees : Données statistiques publiques en santé et social.

Retraites

Ces prestations sont à part des autres car elles constituent un système d'épargne particulier, puisque les retraités perçoivent des montants dépendant de la somme des cotisations qu'ils ont versées durant toute leur carrière. Les pensions versées à tout moment proviennent directement de la répartition de l'ensemble des cotisations versées au même moment. Ce système par répartition évite le recours à l'épargne individuelle tout au long d'une carrière pour constituer sa retraite, avec l'aspect aléatoire des rendements obtenus. Par contre cela suppose un parfait équilibre entre le montant des cotisations des salariés et le montant des pensions à verser. Cela fait longtemps que ce n'est plus le cas, et l'Etat doit contribuer aux retraites pour assurer cet équilibre. C'est plus là que repose le poids de ce poste envers la collectivité, plutôt que le montant des prestations en lui-même. Voir la partie retraites de ce site.

Prestations liées à la santé

Les dépenses de santé ont plus que doublé, elles sont passées de 5% du PIB en 1960 à près de 12% en 2025, et elles ne semblent pas devoir ralentir leur progression. En déduire que c'est du fait du vieillissement de la population est très partiel. Il semble que l'effet majeur soit plutôt une augmentation des dépenses de santé à tout âge. D'ailleurs, en conséquence, le niveau de santé des séniors s'améliore, car ils ont ainsi bénéficié de meilleurs soins tout au long de leur vie. Ce mouvement va donc se poursuivre. Les économies sur ce poste semblent plutôt à chercher dans la responsabilisation pour limiter les dérives inéluctables liées au phénomène du "tout gratuit" et la lutte contre les fraudes de plus en plus sophistiquées que ce système tellement complexe a du mal à endiguer.

Prestations familiales

La baisse est spectaculaire, elles sont passées de plus de 4% du PIB en 1960, à près de 2% en 2025. Quand on voit le fléchissement actuel de la natalité en France, compromettant les grands équilibres financiers comme les retraites dans un futur proche, il semble que diminuer les aides familiales soit plutôt à contre-courant.

Prestations liées à l'emploi

L'effet des premiers chocs pétroliers de 1973 et 1976 est bien visible, les indemnisations chômage explosent dès 1974, elles atteignent leur maximum en 1983 à 2.6% de PIB. Globalement en baisse lente depuis, avec 2025 à 1.7%

Aides sociales et APL

En forte progression, elles passent de 0.2% du PIB en 1960 à près de 2% en 2025. De nombreuses aides "Pauvreté et exclusion sociale" sont créées, elles sont souvent en très forte augmentation. Le nombre de bénéficiaires est en augmentation.