Pourquoi le prix des voitures neuves augmente plus vite que l'inflation Insee
Prix moyen des voitures neuves comparé à une évolution indexée sur l’inflation INSEE

Il est bien plus bas que le prix moyen actuel, car l'Insee exclut les améliorations qualité de son indicateur nationnal.
depuis 2021 : source AAA data
en pointillé entre 2019 et 2021 : calcul iso-méthode sur le top100 des ventes.
Sources : Magazine L'Argus 2020 AAA Data 2025
Evolution du prix des voitures neuves entre 1953 et 2020
En 1953, le prix moyen de l’ensemble des voitures neuves vendues en France était de 881 €.Si ce prix moyen avait évolué au même rythme que l’inflation calculée par l’Insee, il serait de 15 219 € en 2025.
Dans la réalité, pour acheter une voiture moyenne en 2025, les Français ont déboursé 36 222 €, soit 2.35 fois plus.
L'inflation INSEE pour arriver à 15 219 € correspond à 3.9% par an depuis 1953.
L'évolution du prix moyen d'achat réel pour arriver 36 222 € en 2025 est de 5.3% par an sur la même période, soit 36% de plus que la mesure INSEE.
Cet écart s’explique principalement par le fait que l'INSEE mesure l’inflation « à qualité constante ».
Pour ce faire, elle ne prend pas en compte les augmentations liées aux améliorations sécurité, puissance, pollution, confort, équipement, même si imposées par la règlementation.
En conséquence, le prix de 15 219 € correspond à une voiture de 1953 avec les standards de l'époque, qui serait fabriquée et vendue en 2025 sans améliorations ou dégradations "qualité".
Cette voiture n'existe pas, c'est une construction stasitique pour faire une mesure "pure" de l'inflation.
- Transformation du marché automobile français
- Évolution du prix de la voiture la plus vendue chaque année
- Méthode de calcul du prix moyen des voitures neuves
- Indice Insee des voitures neuves et inflation IPC
- Traitement Insee « à qualité constante »
- Évolution du SMIC depuis 1950
Suite de l’analyse
Acheter une voiture : l’effort des Français depuis 1953
Industrialisation, standardisation et gains de productivité réduisent l’effort d’achat relatif.
Sa forme de long terme suggère une dynamique structurelle plutôt qu’une succession de cycles indépendants.
Il résulte d’un équilibre entre progression des revenus et ralentissement relatif des prix automobiles.
Les facteurs de coût évoluent en poids relatif, sans rupture brutale identifiable.
Elles augmentent le contenu technique des véhicules.
Elle contribue à une augmentation du prix moyen des véhicules neufs.
Ses effets sur le prix moyen restent encore difficiles à isoler des tendances structurelles préexistantes.
Sources : Magazine L'Argus 2020 AAA Data 2025 SMIC Insee Salaire moyen net Insee
Combien de mois de SMIC faut-il pour acheter une voiture ?
L’évolution du prix des voitures neuves ne peut pas se lire uniquement en euros. Un indicateur plus révélateur est celui de l’effort nécessaire pour acquérir une voiture moyenne, exprimé en nombre de mois de SMIC net.
Cette approche révèle que l’effort nécessaire pour acheter une voiture neuve n’a pas été constant au fil du temps : très élevé dans les années 1950, il diminue progressivement jusqu’aux années 1980-1990 avant de repartir à la hausse jusqu’à aujourd’hui.
Dans les années 1950, la voiture est encore un bien rare : plus de 30 mois de SMIC sont nécessaires. La baisse qui suit s’explique par la diffusion industrielle du produit, les gains de productivité et la montée en puissance de la production de masse.
Le point bas atteint autour des années 1980 ne résulte pas d’un facteur unique. Il correspond plutôt à un équilibre temporaire entre des forces constantes : amélioration industrielle, concurrence, et progression des revenus.
À partir des années 1990, la dynamique s’inverse progressivement. Il ne s’agit pas d’une disparition des contraintes, mais d’un changement de leur poids relatif. Sécurité, normes environnementales (Euro 0 à Euro 6), équipements obligatoires et complexité technologique deviennent des composantes structurelles du coût automobile.
Ces contraintes s’accumulent dans le temps et modifient le plancher de prix incompressible, malgré les gains de productivité.
Aujourd’hui, il faut environ 25 à 26 mois de SMIC net pour acheter une voiture neuve, un niveau proche de celui des années 1960, loin du minimum observé dans les années 1980–1990.
La tendance de long terme observée depuis le milieu des années 1980 étant globalement orientée à la hausse, l’effort nécessaire pourrait continuer à augmenter à moyen terme.
Evolution des motorisations par type d'énergie depuis 1945
Le maximum a été atteint en 1982 avec 1.8 millions de voitures.
L'Essence pure est maintenant à 20% du total, en déclin marqué.
Mais leur croissance a été stoppée net, le Diesel décline de manière continue depuis 2009.
Il a pris de l'importance depuis 2020, pour atteindre 20% des immatriculations en 2025.
Hybride non rechargeable et rechargeable représentent 50% des immatriculations en 2025.
Alternance de l'Essence, du Diesel, de l'Hybride, de l'Electrique
Naissance des voitures grâce à l'essence
Les premières voitures de notre histoire, fin des années 1890, ont été conçues avec des moteurs à essence, car plus simples, plus légers, plus souples que les moteurs diesel, aussi utilisés à cette époque, mais de manière marginale pour l'automobile.Les immatriculations des motorisations essence ont connu leur apogée en 1982, avec plus de 1.8 million de véhicules.
Alternative économique du diesel
Suite au premier choc pétrolier de 1973, l'intérêt pour les moteurs diesels grandit car ceux-ci consomment moins que les moteurs à essence. Les progrès techniques réalisés ayant réduit ses inconvénients, le diesel commence à être diffusé et va progressivement remplacer une part importante des motorisations essence.En 2009 1.6 million de voitures sont en diesel, soit 78% du total des immatriculations.
Mais les contraintes réduction de la pollution, norme Euro 5 en particulier, vont stopper sa progression, puis réduire son utilisation, aujourd'hui, il est en passe de disparaitre complètement.
2020 bascule vers hybride et électrique
Les normes de mesure du CO2 deviennent plus dures (WLTP) et les niveaux de malus plus importants, les acheteurs se replient vers les modèles les moins pénalisés.Ils plébiscitent avant tout les hybrides non rechargeables et pour une moindre part les rechargeables.
La voiture électrique progresse aussi, les volumes restent toutefois en deçà des hybrides.
Les motorisations purement essence sont en déclin depuis cette date, elles vont probablement disparaître sous peu.
Le marché automobile français ralentit fortement
🟦 Essence = essence et hybrides 🟨 Diesel = diesel et hybrides 🟪 Électrique = 100 % électrique
Une baisse des immatriculations inquiétante
La démocratisation de la voiture débute dans les années 1950, avec l’essor de l’industrie automobile, qui permet une production de masse et une baisse des prix. Les ventes de voitures progressent ensuite régulièrement jusqu’en 1990, année record avec plus de 2,3 millions d’immatriculations.
Elles stagnent ensuite, avec des hauts et des bas, jusqu’en 2019, proche du record avec 2,26 millions d’immatriculations.
Mais depuis 2020, la tendance s’est nettement inversée. L’année 2022 a même été l’une des plus faibles, avec seulement 1,6 million d’immatriculations.
Cette baisse coïncide avec l’accélération du recul du diesel et le début de la diffusion significative des voitures électriques.
On peut supposer que les fortes incitations et pénalisations de l’État (bonus/malus) pour accélérer la transition vers l’électrique déstabilisent une partie des acheteurs.
Le prix des voitures électriques reste plus élevé que celui des voitures thermiques, ce qui rend l’accès à l’automobile plus coûteux.
Pour répondre aux inquiétudes liées à l’autonomie, les constructeurs ont également multiplié les versions hybrides. Celles-ci réduisent cette contrainte, mais à un prix encore plus élevé qu’une voiture électrique pure.
Depuis 2020, les Français conservent aussi leurs voitures plus longtemps, en particulier les propriétaires de véhicules diesel, dont l’âge moyen est passé de 10,5 à 13,5 années. On peut penser que cette situation reste transitoire et que le remplacement des véhicules les plus anciens finira par avoir lieu.
La question est désormais de savoir quelle motorisation sera choisie par ces automobilistes qui repoussent aujourd’hui leur achat.
Actuellement, ce sont les hybrides non rechargeables qui se vendent le mieux, devant les voitures électriques.
Composante automobile du panier INSEE alignée sur le marché
L'échantillon suivi par l'INSEE évolue donc lui aussi progressivement vers ces catégories.
L'échantillon des 160 modèles de voitures que suit l'INSEE est mis à jour chaque année en fonction de l'évolution de la structure du marché.
Ainsi en 2025, il va integrer plus de SUV / Crossover qu'en 2015, et pratiquement plus de Monospaces.
Les SUV et la correction qualité : une confusion fréquente
Une erreur d’interprétation fréquente consiste à penser que la montée en gamme du marché automobile — notamment la progression des SUV et crossovers — serait intégrée à la correction qualité de l’INSEE et donc ignorée. Ce n’est pas le cas.La correction qualité à iso-produit vise uniquement à neutraliser les variations liées à une modification d’un modèle donné (équipements ajoutés, motorisation différente, performances accrues, etc.), afin de comparer des biens strictement équivalents dans le temps.
L’évolution de la structure du marché — comme la part croissante des SUV dans les ventes — n'est pas ignorée pour autant, c'est par un autre mécanisme qu'elle est prise en compte. L’INSEE ajuste en effet la composition de son échantillon automobile pour qu’il reflète la structure des achats des ménages, ce qui inclut naturellement la progression des SUV et crossovers lorsqu’ils gagnent des parts de marché.
Ainsi, la montée des SUV n’est pas “corrigée” comme un effet qualité : elle est intégrée via la pondération du panier.
Il y a donc deux mécanismes distincts : correction qualité (comparaison à modèle constant) et évolution du panier (structure du marché)
Subtilité complémentaire : l’intégration de SUV plus onéreux que les berlines qu’ils remplacent n’entraîne pas automatiquement une hausse de l’inflation.
En effet, l’INSEE mesure des évolutions de prix (variations relatives), et non des niveaux de prix.
Ainsi, ce n’est pas le fait qu’un segment soit plus cher qu’un autre qui influence l’indice, mais l’évolution de son prix dans le temps, ainsi que son poids dans le panier.
Si les SUV voient leurs prix augmenter moins vite que d’autres segments en pourcentage, ils peuvent même contribuer à ralentir l’inflation globale.
Ce qui compte pour l’indice est donc l’évolution des prix au sein de chaque catégorie de véhicules, pondérée par leur importance dans le marché.
Méthologie INSEE
70 ans d’évolution du prix des voitures neuves par rapport aux salaires
C'est la grande rupture visible sur ce graphique.
L'automobile devient progressivement accessible à une grande partie des ménages.
Les salaires augmentent Ă peine plus vite que le prix des voitures.
Les ménages achètent des véhicules de plus en plus coûteux.
Echelle logarithmique, nécessaire pour visualiser les évolutions sur de longues périodes
Valeurs en monnaie courante, toutes les séries sont en base 1 en 1953
Lecture : entre 1953 et en 1985, le prix moyen des voitures neuves a été multiplié par 10 (passage de 1 à 10)
Les voitures sont-elles plus difficiles Ă financer ?
Depuis 1953, date pour laquelle on connait le prix moyen des voitures achetées par les Français,l'inflation cumulée a été multipliée par 17, le prix des voitures neuves par 41, le SMIC par 57 et et le Salaire moyen de base par 53
Le prix des voitures a donc augmenté moins vite que les salaires.
Mais il faut distinguer plusieurs périodes car elles sont assez différentes.
De 1953 à 1973, prospérité des 30 glorieuses
L'inflation est multipliée par 2.5, le prix des voitures par 2.9, le SMIC par 4.8 et le SMB par 5.9
Durant cette période de forte croissance, les salaires progressent nettement plus vite que le prix des voitures.
De 1973 à 1990, chocs pétroliers et inflation élevée
L'inflation est multipliée par 3.8, le prix des voitures par 4.8, le SMIC par 5.4 et le SMB par 4.7
Les voitures augmentent alors légèrement plus vite que l’inflation, mais restent globalement alignées avec la progression des revenus.
De 1990 à 2025, modération des hausses salariales :
L'inflation est multipliée par 1.8, le prix des voitures par 3.0, le SMIC par 2.2 et le SMB par 1.9
Depuis 1990, les voitures neuves achetées par les Français augmentent plus vite que les salaires.
Le poids du budget achat automobile neuve devient donc de plus en plus lourd pour les Français.
Évolution du poids moyen des voitures en France selon les énergies
Le recul progressif du diesel au profit de motorisations essence plus légères contribue alors à une phase de stabilisation, voire de légère baisse du poids moyen du parc.
Leur gabarit plus important contribue à une nouvelle hausse générale du poids moyen des voitures.
mais leurs batteries nécessaires à une autonomie élevée peuvent représenter plusieurs centaines de kilogrammes.
Ils combinent deux systèmes de propulsion ainsi que des batteries de grande capacité.
De 500 kg à près de 3 tonnes : évolution du poids des voitures en France
Pendant les années 1950, le poids des voitures diminue grâce à l’industrialisation de leur production.La Citroën 2CV a ainsi été conçue de la manière la plus simple possible afin d’être accessible au plus grand nombre. À ses débuts, elle ne pesait qu’environ 500 kg.
Durant plusieurs décennies, le poids moyen des voitures augmente ensuite régulièrement, sous l’effet de l’amélioration des performances, du confort et des équipements.
Puis le poids des normes, en particulier de sécurité et de dépollution, contribue également à leur alourdissement en imposant l’ajout de nombreux dispositifs techniques.
Jusqu’aux années 2000, cette hausse reste soutenue, le poids moyen du parc passe de 750 kg à plus de 1250 kg.
Un point de rupture apparaît autour de 2008–2010. La prime à la casse accélère alors le renouvellement du parc automobile et contribue à modifier temporairement sa structure.
Dans le même temps, le diesel commence à reculer au profit de motorisations essence généralement plus légères, ce qui conduit à une phase de stabilisation, voire de légère baisse du poids moyen du parc.
À partir des années 2010, les SUV et crossovers voient leurs ventes fortement progresser, contribuant à une nouvelle hausse générale des masses.
Enfin, depuis 2020, de nouvelles motorisations alternatives au diesel et à l’essence — électriques mais surtout hybrides — prennent leur essor.
Parmi elles, les hybrides rechargeables figurent parmi les véhicules les plus lourds, car ils combinent plusieurs systèmes de propulsion et des batteries importantes.
Les voitures électriques simplifient une grande partie de la mécanique traditionnelle, mais restent pénalisées par la masse des batteries nécessaires pour offrir une autonomie élevée, pouvant représenter plusieurs centaines de kilogrammes.
En 2025, le poids moyen du parc est proche de 1350 kg, au plus haut depuis tous les temps, et cela devrait encore augmenter.
Beaucoup de voitures dépassent désormais les 2 tonnes. Le record dans ce domaine semble notamment détenu par le Land Rover Range Rover P510e avec environ 2,8 tonnes, illustrant l’évolution profonde de la masse des véhicules modernes.
Top 10 des ventes de voitures en 1953
Prix en 1953 : 750 €
Prix en 1953 : 900 €
Prix en 1953 : 1000 €
Prix en 1953 : 1052 €
Prix en 1953 : 521 €
Prix en 1953 : 1 196 €
Prix en 1953 : 1425 €
Prix en 1953 : 1006 €
Prix en 1953 : 1979 €
Le prix moyen des voitures en 1953
D’après les Statistiques de France, 388 594 voitures ont été livrées en métropole en 1953. Les 10 principaux modèles représentent 285 084 véhicules, soit 73 % du total.
En affectant à chaque modèle son prix officiel de 1953, le prix moyen pondéré ressort à 914 €.
Ce résultat est assez proche des 881 € calculés à l’époque par l’Argus à partir de l’ensemble des modèles vendus.
Le prix Argus de 1953 semble donc tout à fait vraisemblable. C’est lui qui est repris dans tous les graphiques de cette page.
| Marque | Modèle | Ventes | Prix € |
|---|---|---|---|
| Renault | 4CV | 74 275 | 750 |
| Peugeot | 203 A,L | 51 063 | 900 |
| Citroen | 11CV | 50 227 | 1 000 |
| Simca | 9 | 38 700 | 1 052 |
| Citroen | 2CV | 29 546 | 521 |
| Renault | Frégate | 18 940 | 1 196 |
| Ford | Vedette | 14 601 | 1 425 |
| Panhard | Dyna | 4 816 | 1 006 |
| Citroen | 15 six | 2 119 | 1 326 |
| Simca | Sport | 797 | 1 979 |
| Total | 285 084 | ||
Source nombre de voitures vendues en 1953 : Statistique de France
Source prix des voitures neuves en 1953 : Scan Revue Technique Automobile
Evolution de la répartition des types de carrosseries depuis 1990
L'adoption des breaks et des hayons a permis de mieux utiliser l'espace.
Mais leur image trop sage et le désir de SUV ont fait baisser leur popularité.
Leur esthétique est inspirée des SUV routiers premium, et leur volume augmente progressivement.
Leur look s'est musclé sous l'influence des SUV, mais leur gabarit reste modéré.
L’hybridation actuelle réduit leurs émissions de CO₂ et augmente leur puissance, renforçant leur attrait.
Berlines, Breaks, Compactes, Monospaces, 4 x 4, Crossovers depuis 1990
Les citadines se maintiennent
Depuis 1990, les citadines représentent 42% des ventes en moyenne, elles sont en légère baisse depuis 2022 avec 38% en 2025.Leur forme générale a peu changé, mais leur gabarit a augmenté au fil des années, et elles adoptent un look plus musclé, sous l'influence des SUV.
Transformation des Berlines historiques
En 1990, les berlines familiales comprenaient 3 corps : capot moteur, habitacle, coffre séparé.La recherche de plus de place a donné des variations sous forme de break tout d'abord.
Puis les monospaces, en offrant de grands volumes, ont vu leurs ventes exploser.
Les berlines classiques ont résisté, certaines se rapprochant des monospaces avec l'adoption d'un hayon arrière.
Puis les monospaces eux-mêmes semblent avoir lassé, surtout pour des raisons d'image trop sage.
Progressivement les crossover ont pris leur place, en offrant des looks ressemblant de plus en plus au SUV, et ils semblent maintenant grossir pour offrir plus de place.
Les SUV routiers premium, modèle des designers ?
Toutes ces transformations paraissent tirées par le désir de tout un chacun de SUV premium.Les premiers SUV off-road n'étaient pourtant pas du tout adaptés à rouler sur route, car trop lourds, trop lents, trop energivores, trop patauds. Puis ils se sont adaptés, abandonnant pratiquement leurs aptitudes off-road, ils sont devenus des SUV routiers.
Et paradoxalement, dans la marche vers l'électrification, la transition par les motorisations hybrides les avantage, au moins temporairement. En effet leurs émissions de CO2 sont réduites, et leur puissance est augmentée en général.
Aussi les SUV routiers premium continuent leur croissance en pourcentage des voitures vendues.
On peut même dire que les codes esthétiques des SUV routiers influencent progressivement la plupart des segments automobiles, y compris les compactes et certaines citadines.
Voiture moyenne de 1953 et de 2025

La Renault Symbioz, elle, est très proche du prix moyen des voitures neuves de 2025.
En augmentant ce prix de la valeur de l'inflation Insee, il serait de 15 219 € en 2025.
Prix de la voiture moyenne entre 1953 et 2025
De 1953 à 2020, le magazine automobile L'Argus calculait le prix moyen de la voiture neuve, en prenant en compte les ventes par modèle de chaque année, et en les valorisant à partir des prix catalogue.Ces prix ne prennent donc pas compte les probables remises obtenues lors des négociations d'achat, ou les malus et bonus dépendant de la situation de chacun.
Au debut, L'Argus considérait tout le marché, puis avec la multiplication des modèles, c'est le top des ventes qui était utilisé, couvrant en général 99% du marché.
A partir de 2021, c'est AAA data qui a pris la suite, avec une couverture de 100% du marché.
On constate ainsi que le prix moyen d'une voiture neuve était de 881 euros en 1953.
Les 10 modèles les plus vendus (en 1950) étaient la Renault 4CV, la Peugeot 203, la Citroën Traction Avant, la Simca 8, la Ford Vedette, la Panhard Dyna, la Citroën 2 CV, la Simca 6, la Renault Juvaquatre, la Renault Colorale.
Ce prix moyen des voitures ne correspond pas forcemment à une voiture particulière, sur l'illustration il est représenté par la Traction qui en fait était un peu au-dessus.
En faisant évoluer ce prix de l'inflation que mesure l'insee, on arrive à 15 219 € en 2025.
Ce serait le prix de cette voiture moyenne, si elle était fabriquée et vendue aujourd'hui, sans amélioration, ce qui est donc théorique.
En 2025, le prix moyen d'une voiture neuve était de 36 222 €.
La Renault Symbioz correspond à peu près à ce prix moyen, c'est elle qui le représente sur l'illustration.
Sources : Magazine L'Argus 2020 AAA Data 2025
Inflation perçue et inflation mesurée : le cas typique des voitures
De 2015 à 2025, l’inflation des voitures neuves mesurée par l’INSEE a été de 22 %, soit un niveau proche de l’inflation générale (21 %).
Mais dans le même temps, le prix moyen des voitures neuves vendues en France est passé de 25 108 € à 36 222 €, soit une hausse de 44 %.
Sur la même période, le SMIC net mensuel a augmenté de 26 %, davantage que l’inflation générale, mais nettement moins que le prix moyen des voitures neuves.
Cette différence s’explique par la méthode utilisée par l’INSEE.
L’institut ne mesure pas l’évolution du prix de la voiture moyenne réellement achetée par les Français, mais l’évolution du prix d’une voiture à “qualité constante”.
Autrement dit, l’INSEE cherche à isoler l’inflation “pure” en excluant les hausses de prix liées aux améliorations des véhicules : sécurité, motorisations, équipements, aides à la conduite, confort, électronique embarquée, etc.
Concrètement, cela signifie que si vous pouviez acheter aujourd’hui exactement la même voiture qu’en 2015, sans aucune amélioration supplémentaire, son prix serait estimé environ 22 % plus élevé.
Mais cette voiture “identique” n’existe plus réellement sur le marché.
Les modèles actuels intègrent de nombreux équipements et évolutions devenus standards au fil du temps. En pratique, l’acheteur paie donc une voiture plus moderne, mais aussi beaucoup plus chère : +44 % en moyenne sur 10 ans.
L’inflation mesurée et l’évolution du prix moyen peuvent donc être très différentes lorsque le produit évolue fortement en qualité. Les automobiles en sont un exemple typique.
Cela soulève aussi la question du pouvoir d’achat automobile.
Le SMIC étant indexé principalement sur l’inflation mesurée par l’INSEE, il a augmenté moins vite que le prix moyen des voitures neuves sur la période étudiée.
Autrement dit, l’accès à une voiture neuve moyenne est devenu plus difficile financièrement pour un salarié au SMIC.
Correction qualité de l’INSEE : le cas des options
Afin de mesurer l’inflation “pure” d’un produit, l’INSEE applique des corrections dites à iso-qualité lorsqu’un produit évolue au fil du temps.Pour les automobiles, l’INSEE suit chaque mois le prix d’environ 160 modèles de voitures.
Le cas des options devenant des équipements de série est typique.
Supposons qu’une Dacia Sandero sans lève-vitres électriques fasse partie de l’échantillon suivi.
Prix du modèle : 15 000 €, Option lève-vitres électriques : 400 €
En cours d’année, Dacia supprime cette version et intègre les lève-vitres électriques de série.
Le nouveau modèle est alors vendu 15 200 €.
Lorsque les enquêteurs de l’INSEE effectuent leur relevé de prix, ils constatent que le modèle initial n’existe plus. Ils recherchent alors le modèle de remplacement le plus proche, ici la Sandero équipée de série à 15 200 €.
Afin de ne pas comptabiliser comme inflation une amélioration du produit, l’INSEE applique une correction qualité.
Dans cet exemple simplifié :
Prix constaté : 15 200 € , Correction qualité : –200 € (soit 50 % de la valeur de l’option intégrée)
Prix retenu pour le calcul de l’inflation : 15 000 €.
Pour l’INSEE, le prix de la voiture est donc considéré comme stable à qualité équivalente.
Du point de vue de l’acheteur, en revanche, le prix d’entrée de gamme est bien passé de 15 000 € à 15 200 €.
Cet exemple permet de comprendre pourquoi l’évolution du prix réellement payé par les consommateurs peut être différente de l’inflation automobile mesurée par l’INSEE.
Or, au fil des décennies, de nombreux équipements autrefois optionnels sont devenus standards : sécurité, confort, aides à la conduite, électronique embarquée, motorisations, etc. Ces corrections qualité peuvent donc avoir un impact significatif sur la mesure statistique de l’inflation.
Méthologie INSEE
