Au 2026-T2, l'économie française a progressé de +0,2 % par rapport au trimestre précédent — l'acquis de croissance pour 2026 s'établit à +0,5 %. Ce chiffre, l'Insee le construit par la demande : ce que les ménages consomment, ce que les entreprises investissent, ce que la France exporte. Mais il existe une autre façon, tout aussi officielle, de raconter la même richesse : par ceux qui la produisent. Ce choix n'est pas neutre : il remonte à 1941, en pleine guerre (pourquoi →).
Qui fabrique les 760 milliards d'euros du PIB ?
Poids de chaque grande activité dans le PIB, au 2026-T2.
Md€, prix courants, CVS-CJO — source Insee, Comptes nationaux trimestriels.
À l'autre bout, l'agriculture — souvent présentée comme un pilier économique dans le débat public — ne représente que 1,3 % du PIB. Les activités immobilières, elles, en pèsent 12,6 %, presque 10 fois plus, sans jamais faire la une.
Qui produit plus qu'avant ?
Croissance du PIB par grande activité au 2026-T2 (T/T-1, évolution en volume, hors effet prix).
T/T-1 = évolution par rapport au trimestre précédent. Source Insee, séries chaînées CVS-CJO.
Le paradoxe du raffinage
Une activité illustre à elle seule pourquoi il faut lire ces chiffres avec attention : la cokéfaction et le raffinage.
Deux chiffres très différents pour la même activité, sur le même trimestre. La raison : les impôts nets sur les produits pétroliers (TICPE notamment) pèsent 89 % du PIB de cette branche — leur dynamique fiscale, indépendante de l'activité de raffinage elle-même, domine largement le calcul.
Cette activité ne pèse que 1,5 % du PIB total : son signal n'infléchit quasiment pas la croissance nationale. C'est la nature même d'un agrégat.
