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PRIX ÉLECTRICITÉ EN FRANCE DEPUIS 1960 À AUJOURD'HUI
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Mercredi 28 octobre 2026 Saint du jourSaint Simon 09h46

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Prix de l'électricité en France depuis 1960

Entre janvier 2015 et la pointe de décembre 2024, le prix de l'électricité des particuliers a augmenté de 70 % (indice Insee). Il a ensuite reflué, mais reste en septembre 2026 à 48 % au-dessus de son niveau de 2015. Au relevé d'octobre 2026, les offres des fournisseurs alternatifs apparaissent plus chères que les offres de marché du fournisseur historique.

Alternatifs ou EDF : où sont les clients, où sont les bonnes affaires
Parmi les clients des fournisseurs alternatifs
Voir les données du profil en tableau

Coût annuel TTC de chaque fournisseur : moyenne simple de ses offres, pour le profil choisi (adresse de référence : Paris 1er), offres du 26/10/2026, relevées le 26/10/2026 sur le comparateur du Médiateur national de l'énergie. Référence : tarif réglementé Bleu (TRVE, grille CRE). Nombre de clients : CRE, Selectra, déclarations des fournisseurs ; une bulle en pointillé a un nombre de clients estimé ou inconnu (un fournisseur sans chiffre reçoit le plus petit nombre connu). Ce sont des offres du catalogue à la date du relevé, pas les contrats réellement souscrits. Les barres fines relient l'offre la moins chère et la plus chère de chaque fournisseur. Répartition des sites : observatoire CRE, 1er trimestre 2026.

Votre cas particulier ? Cette carte donne des ordres de grandeur pour un profil type à Paris. Selon votre commune, votre puissance et votre consommation, les offres et leur classement peuvent différer. Pour comparer sur votre situation, munissez-vous de votre dernière facture et de votre code postal, puis utilisez le comparateur officiel du Médiateur national de l'énergie : comparateur-offres.energie-info.fr.

Votre facture d'électricité : hausse, pointe, reflux
Profil :

Affichage : Depuis :

Courbes : Indice Insee (toujours affiché)      

Facture annuelle TTC, abonnement compris, pour une consommation constante (celle du profil choisi). L'indice Insee mesure ce que paient réellement les ménages, tous contrats confondus ; en mode « facture », il est converti en euros à partir de la facture au tarif réglementé de janvier 2015. Les offres des fournisseurs ne sont relevées que depuis octobre 2026 : ce sont les offres proposées à la date du relevé, pas les contrats réellement souscrits.

Une hausse de 70 % jusqu'à la pointe de décembre 2024
L'Insee suit le prix de l'électricité dans le panier de l'inflation : l'indice prend en compte ce que les ménages paient réellement, au tarif réglementé comme chez un fournisseur de marché. Entre janvier 2015 et décembre 2024, il augmente de 70 %.
Au tarif réglementé, la facture annuelle du foyer moyen passe de 695 € début 2015 à 1 236 € en février 2024 (+78 %). Le prix du kWh en option Base passe de 0,1401 € à 0,2516 € (+80 %).

Un reflux, mais pas un retour en arrière
Le tarif réglementé baisse de 20 % au 1er février 2025 (le kWh passe de 0,2516 € à 0,2016 €). Mais en septembre 2026, l'indice Insee reste 48 % au-dessus de janvier 2015.
La facture du foyer moyen (1 050 €) reste à +51 % de son niveau de début 2015, davantage que le kWh en option Base (+43 %) : l'abonnement est passé de 113 € à 218 € par an (+93 %).

Et les fournisseurs alternatifs ?
Ils sont arrivés en promettant des prix plus bas que le tarif réglementé. Au relevé d'octobre 2026, leurs offres apparaissent plus chères que celles du fournisseur historique (détail plus bas). Avant d'y arriver, voyons où en est la facture du tarif réglementé.

TRVE : Tarifs Réglementés de Vente de l'Électricité. FH : fournisseur historique (offres de marché d'EDF). FA : fournisseurs alternatifs.
Sources : Insee, CRE, EDF, comparateur Que Choisir.

Dernières évolutions du tarif réglementé

Une révision tous les six mois
Le tarif réglementé évolue chaque 1er février et 1er août. Au 1er août 2026, le kWh (option Base) passe de 0,1940 € à 0,2001 € (+3,1 %). Au 1er février 2026, il était passé de 0,1952 € à 0,1940 € (-0,6 %).

La TVA d'août 2025 : un effet limité
Depuis le 1er août 2025, la TVA sur l'abonnement et une partie des taxes est passée de 5,5 % à 20 %, et le prix du kWh a été légèrement baissé. Les deux effets se compensent presque : à consommation constante, la facture annuelle varie de -1,2 % (3 kVA) à +0,5 % (15 kVA) en option Base, et de -0,7 % (6 kVA) à +0,5 % (15 kVA) en Heures pleines / creuses (détail dans les repères, plus bas).

Facture annuelle au tarif réglementé, par profil de consommation (TTC, abonnement compris) :

DateFoyer moyenBase 6 kVABase 9 kVAHP/HC 6 kVAHP/HC 9 kVAHP/HC 12 kVA
Début 2015695 €360 €759 €584 €961 €1 382 €
Février 2024 (pointe)1 236 €642 €1 348 €1 056 €1 730 €2 395 €
01/02/20251 042 €558 €1 136 €892 €1 445 €1 989 €
01/08/20251 037 €567 €1 132 €889 €1 430 €1 962 €
01/02/20261 024 €567 €1 122 €875 €1 405 €1 927 €
01/08/20261 050 €581 €1 153 €895 €1 439 €1 977 €
Variation / tarif précédent+2,5 %+2,6 %+2,7 %+2,4 %+2,5 %+2,6 %
Variation sur 1 an+1,2 %+2,5 %+1,9 %+0,7 %+0,7 %+0,8 %
Variation depuis début 2015+51,1 %+61,5 %+51,9 %+53,3 %+49,8 %+43,0 %

Consommation constante par profil : Base 6 kVA 1 950 kWh ; Base 9 kVA 4 600 kWh ; HP/HC 6 kVA 3 700 kWh ; HP/HC 9 kVA 6 300 kWh ; HP/HC 12 kVA 8 800 kWh. En Heures pleines / creuses, 57 % de la consommation en heures pleines (60 % en 12 kVA). Le foyer moyen est la moyenne des cinq profils pondérée par leur nombre de sites. Source : tarifs publiés par la CRE ; classes de consommation : portefeuille résidentiel d'EDF au 31/12/2025.

Et ensuite ? Le gaz tire le marché, le tarif réglementé amortit

Ce qui se prépare
Les prix de marché à terme sont repartis à la hausse avec le gaz. Le prix de l'électricité livrée en 2027 (« Cal 2027 ») était d'environ 49 €/MWh début janvier 2026 et 52 début mars ; il a atteint 112,7 €/MWh le 22 octobre 2026 (cotations Opéra Énergie). Le gaz est à son plus haut depuis fin 2022 (TTF à un mois : 84,5 €/MWh le 14 septembre), avec des craintes sur l'offre de GNL après le conflit au Moyen-Orient, et le CO₂ dépasse 80 € la tonne (Les Énergies Renouvelables).

Pourquoi la facture ne suit pas tout de suite
Depuis la fin de l'ARENH (100 TWh par an à 42 €/MWh jusqu'au 31 décembre 2025), le tarif réglementé est calculé sur des prix de marché, mais lissés sur 24 mois : chaque mois ne pèse qu'environ un vingt-quatrième. Pour 2026, la CRE retient 63,9 €/MWh, alors que le Cal cotait 49,5 en décembre 2025. Notre reconstitution du lissage retrouve les chiffres de la CRE à moins de 1 % pour 2025 et 2026. Elle donne, pour 2027, une énergie lissée de l'ordre de 61 à 66 €/MWh selon les cotations de novembre et décembre (estimation du site, hypothèses sur ces deux mois). La hausse de 2026-2027 ne passe pas dans le tarif de février 2027 mais dans les années suivantes, si les cotations restent hautes. La prochaine révision a lieu le 1er février 2027.

Qui est exposé tout de suite
Les offres indexées sur le marché suivent la hausse immédiatement ; les offres à prix fixe en sont protégées jusqu'à leur renouvellement. Pourquoi le prix de marché suit le gaz, et ce que cela signifie pour le parc français : voir le prix de marché de l'électricité.

Alternatifs ou historique : qui coûte le plus ?

La promesse de la concurrence : payer moins cher. Ce n'est pas ce que l'on observe.
Au relevé d'octobre 2026, pour le foyer moyen, les offres des fournisseurs alternatifs sont à +8,5 % du tarif réglementé (en moyenne pondérée des clients), et les offres de marché du fournisseur historique (EDF) à +0,9 %. Le graphique et le tableau ci-dessous donnent l'écart pour chaque profil de consommation.

Facture annuelle moyenne par type de fournisseur, au dernier relevé (TTC, abonnement compris) :

ProfilTarif réglementéEDF, offres de marchéFournisseurs alternatifs
Foyer moyen1 050 €1 060 € (+0,9 %)1 139 € (+8,5 %)
Base 6 kVA, 1 950 kWh/an581 €584 € (+0,4 %)623 € (+7,3 %)
Base 9 kVA, 4 600 kWh/an1 153 €1 164 € (+1,0 %)1 250 € (+8,4 %)
HP/HC 6 kVA, 3 700 kWh/an895 €904 € (+1,0 %)973 € (+8,6 %)
HP/HC 9 kVA, 6 300 kWh/an1 439 €1 454 € (+1,0 %)1 567 € (+8,9 %)
HP/HC 12 kVA, 8 800 kWh/an1 977 €2 001 € (+1,2 %)2 155 € (+9,0 %)

Offres du 26/10/2026 (mise à jour Que Choisir), relevées le 26/10/2026. Moyennes pondérées par le nombre de clients de chaque fournisseur (FA), écart entre parenthèses par rapport au tarif réglementé. Offres proposées au catalogue à la date des offres, pas contrats réellement souscrits.

Toutes les offres relevées (50 offres, offres du 26/10/2026, relevées le 26/10/2026)

Facture annuelle TTC estimée, abonnement compris, classée du moins cher au plus cher en Base 6 kVA ; l'écart est calculé par rapport au tarif réglementé du même profil. Une offre qui n'existe pas pour un profil n'a pas de valeur dans sa colonne.

FournisseurOffreTypeBase 6 kVABase 9 kVAHP/HC 6 kVAHP/HC 9 kVAHP/HC 12 kVA
EDFTarif Bleu (TRVE, grille CRE)TRVE581 €1 153 €895 €1 439 €1 977 €
EkwateurÉlectricité 100% renouvelable - Prix fixe 1 anFA532 €
-8,4 %
1 116 €
-3,2 %
925 €
+3,3 %
1 490 €
+3,5 %
2 045 €
+3,4 %
GAZ DE BORDEAUXNOVAFIXE BONUS ELECFA549 €
-5,6 %
1 077 €
-6,6 %
838 €
-6,4 %
1 342 €
-6,8 %
1 839 €
-7,0 %
GAZ DE BORDEAUXNOVAFIXE ELECFA549 €
-5,6 %
1 077 €
-6,6 %
838 €
-6,4 %
1 342 €
-6,8 %
1 839 €
-7,0 %
GEGMon Offre Elec Verte - fixe 3 ansFA549 €
-5,6 %
1 077 €
-6,6 %
863 €
-3,7 %
1 383 €
-3,9 %
1 910 €
-3,4 %
TotalEnergiesOffre Access ElectricitéFA549 €
-5,6 %
1 077 €
-6,6 %
838 €
-6,4 %
1 345 €
-6,6 %
1 847 €
-6,6 %
DYNEFFContrat + ElectricitéFA560 €
-3,7 %
1 112 €
-3,6 %
857 €
-4,3 %
1 375 €
-4,5 %
1 882 €
-4,8 %
GAZ DE BORDEAUXNOVAFLEX ELECFA565 €
-2,8 %
1 114 €
-3,3 %
867 €
-3,2 %
1 390 €
-3,4 %
1 907 €
-3,5 %
Primeo EnergieOffre Essentielle VerteFA565 €
-2,8 %
1 115 €
-3,3 %
866 €
-3,2 %
1 390 €
-3,5 %
1 907 €
-3,6 %
EDFZen OnlineFH566 €
-2,6 %
1 117 €
-3,1 %
868 €
-3,0 %
1 393 €
-3,2 %
1 911 €
-3,3 %
GEGMon Offre Elec Verte Direct Producteur -fixe 3 ansFA566 €
-2,6 %
1 099 €
-4,7 %
880 €
-1,7 %
1 405 €
-2,4 %
1 938 €
-2,0 %
la bellenergiePrudence - électricité verte - prix fixe 1 anFA568 €
-2,2 %
1 131 €
-1,9 %
877 €
-2,0 %
1 416 €
-1,6 %
1 946 €
-1,6 %
DYNEFFContrat + Electricité VerteFA575 €
-1,1 %
1 148 €
-0,4 %
868 €
-3,0 %
1 393 €
-3,2 %
1 908 €
-3,5 %
Octopus EnergyCocon FixeFA577 €
-0,6 %
1 144 €
-0,7 %
PlenitudePleniweb ElectricitéFA578 €
-0,5 %
1 107 €
-4,0 %
867 €
-3,1 %
1 372 €
-4,7 %
1 870 €
-5,4 %
AlpiqOFFRE ELECTRICITE HORIZONFA579 €
-0,4 %
1 148 €
-0,4 %
892 €
-0,4 %
1 433 €
-0,4 %
1 969 €
-0,4 %
TotalEnergiesOffre Heures Eco ElectricitéFA581 €
-0,1 %
1 152 €
-0,1 %
895 €
-0,1 %
1 442 €
+0,1 %
1 983 €
+0,3 %
EDFVert ÉlectriqueFH585 €
+0,6 %
1 162 €
+0,8 %
901 €
+0,6 %
1 449 €
+0,6 %
1 993 €
+0,8 %
AlternaMon électricité française - Prix fixe 1 anFA586 €
+0,9 %
1 144 €
-0,8 %
888 €
-0,8 %
1 421 €
-1,3 %
1 940 €
-1,9 %
AlternaMon électricité française indexéeFA586 €
+0,9 %
1 144 €
-0,8 %
888 €
-0,8 %
1 421 €
-1,3 %
1 940 €
-1,9 %
Octopus EnergyEco-fixe Octobre 2026FA587 €
+1,0 %
1 166 €
+1,2 %
Energie d'ici100% locale & 100% renouvelable - VertVolt Très EngagéFA587 €
+1,1 %
1 165 €
+1,0 %
la bellenergieOffre Prudence avec Producteur EnR - VertvoltFA588 €
+1,1 %
1 176 €
+2,0 %
914 €
+2,1 %
1 479 €
+2,8 %
2 034 €
+2,9 %
EDFVert Électrique RégionalFH588 €
+1,1 %
1 189 €
+3,1 %
910 €
+1,7 %
1 465 €
+1,7 %
2 015 €
+1,9 %
AlpiqOFFRE ELECTRICITE HORIZON 100% VERTE FRANCEFA591 €
+1,6 %
1 176 €
+2,0 %
914 €
+2,1 %
1 471 €
+2,2 %
2 021 €
+2,2 %
Urban Solar EnergyParticulier avec Centrale PhotovoltaïqueFA595 €
+2,4 %
1 167 €
+1,2 %
912 €
+1,9 %
1 457 €
+1,2 %
2 003 €
+1,3 %
AlternaMon électricité du coinFA596 €
+2,5 %
1 166 €
+1,1 %
905 €
+1,1 %
1 451 €
+0,8 %
1 981 €
+0,2 %
EDFZen FixeFH596 €
+2,6 %
1 189 €
+3,1 %
923 €
+3,1 %
1 487 €
+3,3 %
2 044 €
+3,4 %
la bellenergieOffre Constance - électricité verte - prix fixe 2 ansFA598 €
+3,0 %
1 161 €
+0,7 %
908 €
+1,4 %
1 446 €
+0,5 %
1 977 €
0,0 %
ENGIEElec Adapt 1 anFA603 €
+3,8 %
1 206 €
+4,6 %
936 €
+4,5 %
1 508 €
+4,8 %
2 074 €
+4,9 %
Ohm EnergieOhm Sérénité Fixe 1 anFA605 €
+4,0 %
1 235 €
+7,1 %
960 €
+7,3 %
1 557 €
+8,2 %
2 148 €
+8,6 %
Mint EnergieONLINE & GREENFA612 €
+5,4 %
1 226 €
+6,4 %
954 €
+6,6 %
1 539 €
+6,9 %
2 117 €
+7,1 %
Urban Solar EnergyEssentielle - SMB particulierFA616 €
+6,1 %
1 243 €
+7,8 %
974 €
+8,8 %
1 572 €
+9,2 %
2 171 €
+9,8 %
la bellenergieOffre Constance avec Producteur EnR - VertvoltFA618 €
+6,3 %
1 207 €
+4,7 %
945 €
+5,5 %
1 509 €
+4,8 %
2 065 €
+4,4 %
la bellenergieOffre Garance - électricité verte - prix fixe 3 ansFA628 €
+8,1 %
1 191 €
+3,3 %
938 €
+4,7 %
1 476 €
+2,5 %
2 006 €
+1,5 %
Mint EnergieCLASSIC & GREENFA628 €
+8,1 %
1 263 €
+9,5 %
983 €
+9,8 %
1 587 €
+10,3 %
2 186 €
+10,5 %
TotalEnergiesOffre Fixe 2 ans ElectricitéFA633 €
+8,9 %
1 275 €
+10,5 %
989 €
+10,4 %
1 602 €
+11,3 %
2 209 €
+11,7 %
ENGIEElec Référence Verte 3 ans - PromoFA641 €
+10,4 %
1 310 €
+13,6 %
1 023 €
+14,2 %
1 653 €
+14,9 %
2 275 €
+15,0 %
Mint EnergieSMART & GREENFA644 €
+10,9 %
1 301 €
+12,8 %
1 011 €
+12,9 %
1 635 €
+13,6 %
2 254 €
+14,0 %
la bellenergieOffre Garance avec Producteur EnR - VertvoltFA648 €
+11,5 %
1 237 €
+7,2 %
975 €
+8,8 %
1 539 €
+6,9 %
2 094 €
+5,9 %
EnercoopOFFRE BASEFA677 €
+16,6 %
1 430 €
+24,0 %
ENGIEOffre Electricité happ-e 1 an de ENGIEFA680 €
+17,1 %
1 396 €
+21,1 %
1 099 €
+22,7 %
1 784 €
+23,9 %
2 460 €
+24,4 %
ENGIEOffre Electricité happ-e 1 an - Option Vertelec+FA716 €
+23,3 %
1 432 €
+24,2 %
1 135 €
+26,7 %
1 820 €
+26,4 %
2 496 €
+26,2 %
GEDIA Energies & ServicesAll Inclusive ParticuliersFA722 €
+24,3 %
1 483 €
+28,6 %
1 148 €
+28,2 %
1 869 €
+29,9 %
2 584 €
+30,7 %
SéliaMon Contrat Elec Vert FixeFA724 €
+24,6 %
1 487 €
+28,9 %
1 151 €
+28,5 %
1 874 €
+30,2 %
2 591 €
+31,0 %
ilekOffre ÉnRFixe+ élec'FA769 €
+32,4 %
1 506 €
+30,7 %
1 194 €
+33,4 %
1 923 €
+33,6 %
2 592 €
+31,1 %
papernest energieOffre 100% renouvelable papernest energieFA970 €
+66,9 %
1 955 €
+69,6 %
1 530 €
+70,9 %
2 489 €
+72,9 %
3 307 €
+67,3 %
EDFVert Électrique AutoFH918 €
+2,5 %
1 477 €
+2,6 %
2 042 €
+3,3 %
ENGIEElec'Car 1 an avec option Elec'car+ gratuite et promo RentréeFA965 €
+7,8 %
1 558 €
+8,2 %
2 157 €
+9,1 %
EkwateurÉlectricité 100% renouvelable exclusive voiture électrique - Prix fixe 1 anFA1 001 €
+11,8 %
1 582 €
+9,9 %
2 155 €
+9,0 %
EnercoopFLEXIBILITE - HEURES CREUSESFA1 102 €
+23,1 %
1 799 €
+25,0 %
2 500 €
+26,5 %
Repères : tarifs réglementés, relevés et méthode

Variation du coût annuel du tarif réglementé à chaque révision, selon l'option et la puissance :

OptionPuissance01/08/202501/02/202601/08/2026
Base3 kVA-1,2 %-0,2 %+2,8 %
Base6 kVA-0,7 %-0,3 %+2,8 %
Base9 kVA-0,2 %-0,8 %+2,7 %
Base12 kVA+0,1 %-1,0 %+2,7 %
Base15 kVA+0,5 %-1,1 %+2,7 %
Heures pleines / creuses6 kVA-0,7 %-1,6 %+2,4 %
Heures pleines / creuses9 kVA-0,2 %-1,7 %+2,4 %
Heures pleines / creuses12 kVA+0,2 %-1,9 %+2,4 %
Heures pleines / creuses15 kVA+0,5 %-2,0 %+2,5 %

Grilles TTC publiées par la CRE, à consommation constante de 4 300 kWh par an (57 % en heures pleines pour l'option Heures pleines / creuses). Un foyer qui consomme autrement aura une variation différente.

Prix moyens relevés chez les fournisseurs, foyer moyen (coût annuel TTC, abonnement compris) :

Date des offresTRVEEDF marché (FH)Alternatifs (FA)Tous fournisseursFA / TRVEÉvolution tous
26/10/20261 050 €1 060 €1 139 €1 078 €+8,5 %-0,1 %
22/10/20261 050 €1 060 €1 143 €1 079 €+8,9 %+0,6 %
05/10/20261 050 €1 057 €1 125 €1 073 €+7,1 % 

Les dates sont celles des offres (mise à jour Que Choisir). Tableau mis à jour à chaque nouvelle collecte.

Prix du kWh du tarif réglementé EDF (option Base, TTC) :

DateTRVE% Var
2026-080.20013.1
2026-020.194-0.6
2025-080.1952-3.2
2025-020.2016-19.9
2024-020.251610.5
2023-080.227610.4
2023-020.206218.5
2022-080.1740.0
2022-020.17411.7
2021-080.1558-1.5
2021-020.15821.6
2020-080.15570.7
2020-020.15461.4
2019-080.1524-0.5
2019-060.15315.6
2018-080.145-1.2
2018-020.14670.1
2017-080.1466-2.5
2016-080.15034.6
2015-080.14372.6
2014-110.14015.4
2013-080.1329

Comment sont construites ces données
Nous relevons les offres de tous les fournisseurs pour cinq profils de consommation, qui représentent l'ensemble des clients résidentiels d'EDF : Base 6 kVA, Base 9 kVA, Heures pleines / creuses 6, 9 et 12 kVA. La consommation de chaque profil est la moyenne par site de sa classe (portefeuille résidentiel d'EDF au 31 décembre 2025, 18,7 millions de sites) ; les classes rares sont regroupées dans la plus proche. Le foyer moyen est la moyenne des cinq profils pondérée par leur nombre de sites.

Deux dates figurent sur la page : la date des offres est celle de la dernière mise à jour des tarifs par Que Choisir, la date de relevé est celle de notre dernière consultation de leur comparateur. Quand Que Choisir ne met pas ses offres à jour, la date des offres reste inchangée alors que la date de relevé avance.

Le tarif réglementé (Tarif Bleu d'EDF) est pris dans la grille officielle de la CRE à la date de relevé des offres. FH : les offres de marché d'EDF. FA : les offres des autres fournisseurs, moyennées par fournisseur puis pondérées par leur nombre de clients (source CRE ; estimé pour les petits fournisseurs), pour qu'un petit fournisseur ne pèse pas autant qu'un grand. Chaque nouvelle collecte ajoute un point aux courbes.

Sources : Insee (indice des prix), CRE (tarifs réglementés, parts de marché et consommations), EDF (classes de consommation), comparateur Que Choisir (offres).

Prix de l'électricité en France depuis 1960

Le soutien aux renouvelables explique, selon nos estimations, environ la moitié de la hausse depuis 2010

Prix de l'électricité en France depuis 1960

De 1960 à 1973, le prix de l'électricité augmentait moins vite que l'inflation.
De 1974 à 1985, la constitution et mise en œuvre du parc nucléaire fait monter le prix de l'électricité de 35% de plus que l'inflation.
De 1986 à 2009, le prix de l'électricité est quasi stable alors qu'il y a 61% d'inflation, on tire pleinement profit du nucléaire.

Puis l'État se lance dans le développement du renouvelable, en finançant d'abord le solaire, puis l'éolien terrestre et actuellement, le plus onéreux, l'éolien en mer.
C'est l'une des principales causes de la remontée des prix de l'électricité dès 2010, amplifiée ponctuellement par la crise énergétique de 2022.
Rien qu'entre 2010 et 2021 (hors crise), alors qu'il n'y a que 14% d'inflation, l'électricité augmente de 68%, l'avantage électrique disparaît progressivement.

Le coût du nucléaire existant a lui aussi augmenté sur cette période : de 49,6 €/MWh en 2010 à 59,8 en 2013 selon la Cour des comptes (2014). Les investissements de maintenance et de sûreté ont plus que doublé, de 1,75 à 3,8 milliards d'euros par an, ce qui représente environ la moitié de la hausse (5,1 €/MWh sur 10,2), dans un contexte de relèvement des exigences de sûreté après Fukushima. Le programme de « grand carénage » est estimé par la Cour des comptes à 100 milliards d'euros sur 2014-2030.

Notre estimation : environ la moitié de la hausse réelle de 2010 à 2021 est liée au développement des renouvelables (estimation éditoriale). Le soutien direct au solaire et à l'éolien en explique 22 % de façon documentée. En y ajoutant les autres charges de soutien et le réseau, on atteint environ 45 %, et la part réelle est probablement plus élevée, car une partie des coûts induits (raccordements isolés dimensionnés sur la crête, réfaction prise en charge par le réseau, raccordement de l'éolien en mer, équilibrage, capacité, modulation du nucléaire) est diffuse et n'est pas chiffrée dans les données publiques. Le reste vient surtout du coût du nucléaire et d'autres taxes. Le cas allemand, plus bas, va dans le même sens.

Voir le calcul (2010-2021, euros constants)
Cause€/MWhPart de la hausse réelleNiveau de preuve
Soutien direct solaire et éolien11,422 %bon (CRE, nos relevés)
Autres charges de service public (ZNI, cogénération, tarifs sociaux)4,79 %bon
Coût du nucléaire (2010-2013, TVA comprise)environ 9,5environ 19 %bon (Cour des comptes)
Réseau, hausse réelle, TVA comprise7,314 %partiel (estimé avant 2019)
Non expliqué (autres taxes, rattrapage des tarifs, certificats d'économies d'énergie, capacité, marge)environ 18environ 36 %—
Hausse réelle 2010-202151100 %

Le prix TTC passe de 124,4 à 193,1 €/MWh (+68,7) ; avec 14 % d'inflation, la hausse réelle est de 51 €/MWh. Les charges sont ramenées par MWh sur une consommation de 450 TWh (à ± 10 % près) et majorées de la TVA. La fourchette va de 22 % (soutien direct) à 45 % (toutes les charges de soutien et tout le réseau), et la valeur de 50 % retenue ici est une estimation éditoriale qui intègre des coûts induits non chiffrés. Nous n'utilisons pas 2025 pour cette comparaison, car une partie du soutien est passée de la facture au budget de l'État.

Pour les années à venir, si la Programmation Pluriannuelle de l'Énergie (PPE3 de mars 2025) est mise en œuvre, les prix vont encore fortement augmenter d'ici 2035 et plus.
Après une tentative de validation du PPE3 par simple décret pour ne pas avoir de compte à rendre aux assemblées, le gouvernement a fait marche arrière, pour l'instant.
Mise à jour : la PPE3 a finalement été publiée par décret au Journal officiel le 13 février 2026, avec des objectifs 2035 qui diffèrent de ceux du projet de mars 2025 (voir le mix énergétique).
Cependant les prix vont continuer à augmenter du fait des engagements déjà pris, avec des projets de capacité déjà lancés, des achats de productions à un prix élevé pour les 20 ans qui viennent.

Le prix de l'électricité était un atout majeur pour la France avant 2010 :
— en 2008 nous étions parmi les 6 pays les moins chers d'Europe avec -30% par rapport à sa moyenne.
— en 2024 nous étions pratiquement à la moyenne européenne, nos 30% d'avantage compétitif ont disparu.
Et en 2035, la PPE3 pourrait nous faire basculer parmi les pays les plus chers d'Europe.

L'électricité toujours plus taxée
Prix de l'électricité en France depuis 1960 : évolution des taxes

De 1960 à 1990, application du taux de taxation de 1991 faute d'information.

Depuis les années 70, l'État imposait à EDF de financer directement sa politique, comme aligner les tarifs Outre-mer sur la Métropole (péréquation), alors qu'ils y sont plus chers, puis acheter les productions de cogénération, pratiquer un tarif social.
Dans les années 2000, imposition de racheter plus cher que le marché les productions du renouvelable.
Puis avec le passage à l'Europe, il a fallu clarifier toutes ces taxes dissimulées, elles ont eu divers noms, en particulier CSPE puis Accise actuellement.
Ces taxes ont fortement contribué à l'augmentation du prix de l'électricité depuis 2010.
Elles ont été temporairement réduites pendant la crise énergétique mais repartent à la hausse depuis.
Depuis 2021, une partie du soutien n'est plus prélevée sur la facture mais payée par le budget de l'État (voir ci-dessous).

Lexique :
CSPE : Contribution du Service Public de l'Électricité de 2002 à 2015.
TICFE : Taxe Intérieure sur la Consommation Finale d'Électricité de 2016 à 2021.
Accise sur l'électricité : depuis 2022.
CRE : Commission de Régulation de l'Énergie.
ZNI : Zone Non Interconnectée (Corse, DOM...)

Aides de l'État pour les énergies renouvelables

L'État soutient les énergies renouvelables en faisant payer les consommateurs, puis les contribuables.
Les charges sont passées de 1,4 milliard en 2005 à 11,5 milliards en 2025, 12,6 milliards prévus en 2026 et 14,1 en 2027 (CRE, juillet 2026).
La charge est la différence entre le prix garanti aux producteurs et le prix de marché : elle augmente quand les prix de marché baissent, et peut devenir une recette pour l'État quand ils s'envolent (2022 et 2023).

Qui paie ? Le financement a changé de nature.

  • 2003-2015 : la CSPE, ligne de la facture d'électricité, finance la quasi-totalité des charges. Le consommateur d'électricité paie.
  • 2016-2020 : la CSPE est intégrée à la TICFE et le financement passe par un compte du budget de l'État dédié à la transition énergétique, alimenté par des taxes sur l'énergie.
  • Depuis 2021 : ce compte est supprimé. Toutes les charges sont inscrites à un programme du budget de l'État (« Service public de l'énergie »), financé par l'ensemble des recettes de l'État. Jusqu'en 2024, 100 % des crédits venaient de ce programme.
  • Depuis le 1er août 2025 : les charges des zones non interconnectées (ZNI) sont compensées par une fraction de l'accise sur l'électricité, et non plus par le budget.

Ces charges sont l'une des principales causes de l'augmentation du coût de l'électricité pour les Français depuis 2010, d'abord par la facture, puis par l'impôt.
Cette bascule répond à l'objectif de ne plus alourdir le prix de l'électricité par ces taxes, alors qu'on veut en développer les usages, et à un rapprochement avec le droit européen (explication à compléter par une source officielle). Mais le coût n'a pas disparu : il est passé de la facture d'électricité à l'impôt de tous, y compris de ceux qui ne se chauffent pas à l'électricité.

D'où vient l'argent du budget ? Du budget général : les recettes de l'État ne sont pas affectées à une dépense précise. L'accise sur l'électricité, par exemple, alimente ce budget général et n'est affectée au soutien au renouvelable que pour la part ZNI. On ne peut donc pas dire quel impôt finance quelle aide ; on peut seulement mesurer la dépense budgétaire, qui s'ajoute à ce que paient les consommateurs.

Charges à compenser (millions €)TotalBudget de l'ÉtatAccise sur l'électricité (ZNI)
2024 (constaté)7 156≈ 7 1000
202511 463 (constaté)répartition constatée non publiée (budget 2025 voté : 8 571)
2026 (évaluation de juillet 2026)12 3099 0593 250
2027 (première évaluation)14 22710 6683 559

Sources : CRE, délibération 2026-149 ; Sénat, rapport sur le projet de loi de finances 2026 (chiffres 2024 et budget 2025 voté). Les « charges à compenser » d'une année incluent des régularisations des années précédentes et diffèrent des charges « au titre » de l'année du tableau ci-dessous (12 633 en 2026).

Le budget de l'État finance ainsi près des trois quarts des charges à compenser en 2026 et en 2027.
Les taxes prélevées sur la facture sont elles-mêmes soumises à la TVA (!), ce qui amplifie la taxation de l'électricité.

Le solaire et l'éolien concentrent près des 2/3 des aides en 2026 (64 %, en incluant le renouvelable des ZNI ; 49 % en métropole seule).

Voici les charges par bénéficiaire (2025 : constaté ; 2026 : actualisation de juillet 2026).

(millions €)200520102015202020252026
Éolien terrestre31344102419489021157
Éolien en mer656966
Solaire02092378289237564126
Bio-énergies641739827
Autres énergies58154542312129211
Biométhane720111511110
ZNI renouvelables50714951866
ZNI Tarifs56410181871148616821403
Cogénération726868500643685653
Effacement3126150
Autre248039082143165
Total14032673671287161146312633

Source : CRE, délibération 2026-149 (charges de service public de l'énergie 2026-2027). Pour 2025 et 2026, « Autre » regroupe les dispositifs sociaux et les frais de gestion ; les lignes ZNI correspondent aux postes « transition énergétique » et « mécanismes de solidarité » de la CRE. Les valeurs 2005 à 2020 sont celles de nos relevés précédents.

En plus des taxes, le réseau
Prix de l'électricité en France : évolution du prix de transport et de distribution pour les particuliers depuis 2000

Le réseau électrique est divisé en deux grandes parties :
Le transport sous des tensions de 63 à 400 kV : géré par RTE.
La distribution auprès des clients sous des tensions de 20 kV à 220 V : géré par Enedis.

La montée en charge de l'éolien et du solaire a fortement augmenté les coûts d'utilisation du réseau,
— du fait des nombreux points de production à raccorder,
— du fait de l'intermittence de ces productions, demandant des adaptations lourdes.
L'État fait peser une partie de ces coûts sur la facture d'électricité de chacun, à travers les frais d'acheminement, transport et distribution, qui ont ainsi augmenté de 53% depuis 2010.

Subvention du renouvelable à travers le réseau

Les subventions du renouvelable passent aussi par le réseau, en plus de l'Accise.
En effet, solaire et éolien conduisent à un nombre important de nouveaux points de production.
Et il faut raccorder ces points de production au réseau.
L'éolien sur terre ou les fermes solaires sont souvent dans des lieux isolés des lignes car à l'écart des zones peuplées, parfois il faut aussi augmenter la capacité des lignes existantes.
L'éolien en mer, éloigné des côtes, demande des raccordements complexes et longs.

D'autre part, le solaire et l'éolien sont intermittents, ce qui déstabilise le réseau.
RTE doit donc adapter son pilotage pour assurer à tout moment l'équilibre entre la production et la consommation d'électricité.
Ceci passe par pouvoir arrêter assez de moyens pilotables (barrages, thermique, nucléaire) quand solaire et/ou éolien produisent.
On cherche aussi des moyens pour stocker l'électricité produite en trop dans ces moments, en modifiant des barrages (STEP), en créant d'immenses salles de batteries, en imaginant produire de l'hydrogène à ces moments...
Tout ceci représente des coûts importants, RTE dans son étude Schéma de Développement du Réseau 2040 envisage un besoin de 100 milliards d'euros d'investissement sur 15 ans, dont une partie pour s'adapter aux renouvelables.

On peut penser que chaque projet paye son raccordement et son impact sur le réseau, mais ce n'est pas le cas, l'État en fait supporter une partie sur RTE et Enedis, c'est la réfaction.
Et la CRE calcule ce que les gestionnaires du réseau sont en droit de percevoir pour équilibrer ces charges.
Elle traduit cela en tarif à appliquer : le TURPE ou Tarif d'Utilisation des Réseaux Publics d'Électricité.

Tous les fournisseurs d'électricité intègrent ce TURPE dans le prix de leurs offres, les montants collectés auprès des consommateurs sont ensuite transférés aux gestionnaires du réseau.

Avec la montée en charge de l'éolien et du solaire, les coûts du réseau ont augmenté de 53% depuis 2010, contribuant avec l'accise à la hausse des prix de l'électricité. Et cette hausse devrait se poursuivre.

Coût de production par filière : ce que l'on sait, et ce qui manque

Sur la durée, le prix de l'électricité d'un pays dépend du mélange des coûts complets de ses moyens de production, auxquels s'ajoutent le réseau, les taxes et le soutien. Or il n'existe pas aujourd'hui de comparaison complète et à jour des coûts par filière. Voici ce qui est publié, avec ses limites.

Coût de production (€/MWh)Parc existantInstallation neuve
Nucléaire60,3 (2026-2028) puis 63,4 (2029-2031), en €2026 (CRE, exploitation sur 60 ans). Méthode comptable : environ 42 à 44 sur 2011-2020 (Cour des comptes)EPR2 : 40 à 100 selon EDF ; contrat de soutien plafonné à 100 (€2024)
Éolien terrestre–59 en 2022 (49 en repowering)
Solaire au sol (plus de 500 kWc)–57 (sud) à 83 (nord) en 2022
Solaire sur grandes toitures (plus de 500 kWc)–62 à 90 selon la région, en 2022
Éolien en mer–Prix des appels d'offres : 85 à 93 (AO6), 66 (AO8) ; plafond moyen de 100 pour l'AO10 (€2024)
Gaz (cycle combiné)–53 en 2020, 123 en 2021, 172 en 2022 (ADEME)
  • Ce que mesure ce tableau. Le coût actualisé de production (LCOE, ADEME) est un coût aux bornes de la centrale : investissement, exploitation, démantèlement éventuel. Il exclut les aides publiques et les coûts annexes (réseau, centrales d'appoint, équilibrage). L'ADEME précise elle-même qu'il faut pour cela des approches en coût complet du système. Les valeurs ADEME sont en euros 2022 hors taxes.
  • Des colonnes à ne pas comparer directement. Le coût du parc nucléaire existant concerne des installations déjà largement amorties, alors que les autres colonnes décrivent des installations neuves. Les années, les unités monétaires et les méthodes diffèrent (comptable ou économique pour le nucléaire). Pour l'éolien en mer, il s'agit de prix proposés dans des appels d'offres, pas de coûts.
  • Durée d'exploitation du nucléaire. L'estimation de la CRE suppose 60 ans. La Cour des comptes (2021) indique qu'un nucléaire prolongé à 50 ans reste plus compétitif que le gaz en cycle combiné dès qu'il fonctionne plus d'environ 4 200 heures par an. Nous n'avons pas trouvé de chiffrage de l'effet de la durée de vie sur le coût par MWh, ni de l'effet de la hausse des exigences de sûreté.
  • Depuis 2022. L'ADEME note que la hausse des taux d'intérêt et l'inflation des matières premières depuis 2023 renchérissent le financement des projets renouvelables ; elle n'a pas pu actualiser ses calculs faute de données.
  • Ce qui manque. Un coût complet comparable par filière incluant le réseau, la flexibilité (STEP, batteries), les capacités de secours et les services au système. La Cour des comptes rappelle que le coût d'un mix n'est pas la somme des coûts de ses technologies.

Sources : CRE, communiqué du 30 septembre 2025 ; Cour des comptes, analyse des coûts du système de production électrique (décembre 2021) ; ADEME, Évolution des coûts des énergies renouvelables et de récupération en France entre 2012 et 2022 (édition 2024) ; EDF et Cour des comptes (janvier 2025) pour l'EPR2 ; réponse ministérielle à la question écrite n° 15014 (Assemblée nationale, 2026) pour les appels d'offres en mer.

Le cas allemand : ce qui a fait monter le prix

L'Allemagne a développé le renouvelable bien plus tôt et plus massivement que la France. Son prix pour les ménages, publié par le BDEW (fédération de l'énergie) poste par poste, permet de voir ce qui a fait monter la facture. Le graphique le compare à la série française du site.

Prix de l'électricité des ménages en Allemagne par composante, et prix français (€/MWh, TTC, euros courants)

Sources : BDEW, analyses des prix de l'électricité (janvier 2022 pour 2010-2021 ; décembre 2023 pour 2022-2023 ; avril 2026 pour 2024-2026, repris de elektronik-zeit.de) ; EEG-Umlage : stromauskunft.de ; France : série du site (prix moyen TTC des ménages). Les définitions du BDEW évoluent (moyenne des contrats, puis tarifs de nouveaux clients) : les ordres de grandeur sont comparables, pas les décimales. En 2022, l'EEG est la moyenne des deux semestres (3,7 ct/kWh puis 0). Années affichées : celles pour lesquelles la composition est publiée.

  • 2010-2021 : le prix de l'énergie ne bouge pas, le soutien monte. Le prix passe de 23,7 à 32,2 ct/kWh (+36 %). L'énergie et la fourniture restent à 8 ct/kWh (8,2 puis 7,9). La surcharge EEG, qui finance le soutien aux renouvelables, passe de 2,05 à 6,5 ct/kWh : elle explique 53 % de la hausse, 63 % avec la TVA qui s'y applique. Le réseau ajoute 1,9 ct/kWh.
  • 2022-2023 : la crise du gaz. Le coût de l'énergie triple (de 7,9 ct/kWh en 2021 à 23,8 en 2023).
  • Juillet 2022 : la surcharge EEG est supprimée. Le soutien est désormais payé par le budget fédéral. Comme en France, la charge quitte la facture pour l'impôt.
  • 2024-2026 : l'énergie redescend, le réseau monte. L'énergie se stabilise entre 15 et 17 ct/kWh, soit le double de 2021, et le réseau passe à 9 à 11 ct/kWh.

Comparaison avec la France. La France part de beaucoup plus bas : 124 €/MWh en 2010, contre 237 en Allemagne. Jusqu'en 2021, son prix augmente davantage en pourcentage (+55 % contre +36 %) mais moins en valeur (+69 €/MWh contre +85). La part du soutien dans la hausse allemande (plus de 60 % jusqu'en 2021) est nettement supérieure à celle que nous estimons pour la France (22 % en direct, environ la moitié en comptant les coûts induits). Cela est cohérent avec un développement des renouvelables plus précoce et plus massif en Allemagne, sans prouver à lui seul la part française.

Pourquoi le prix allemand est-il plus élevé ? L'écart par composante
Écart Allemagne moins France (€/MWh TTC)20102021
Énergie et fourniture+34 (30 %)+6 (5 %)
Réseau+16 (14 %)+23 (18 %)
Taxes, surcharges et soutien+44 (39 %)+76 (59 %)
TVA (sur une base plus haute)+19 (17 %)+23 (18 %)
Écart total+112 (237 contre 124)+129 (322 contre 193)

Lecture. En 2021, la surcharge EEG (65 €/MWh) représente à elle seule l'essentiel de l'écart de taxes ; l'ensemble des charges de soutien françaises est d'environ 20 €/MWh. La Stromsteuer (20,5 €/MWh) et la Konzessionsabgabe (16,6 €/MWh) sont des taxes fixes qui ne relèvent pas des renouvelables.

Pourquoi l'écart sur l'énergie se réduit. L'écart passe de 34 €/MWh (+70 % par rapport à la France) à 6 (+8 %), mais l'énergie allemande reste stable (81,6 puis 79,3 €/MWh) alors que la composante française augmente de 53 % (48 puis 73,4). La convergence vient donc surtout de la hausse française : le point de départ de 2010 était bas, avec des tarifs gelés avant 2009 puis rattrapés, et le coût du nucléaire augmente ensuite. De plus, en Allemagne, le soutien aux renouvelables est en grande partie séparé de la ligne « énergie » : il est dans la surcharge EEG, qui est d'autant plus élevée que le prix de marché est bas. En additionnant énergie et soutien (hors TVA), l'Allemagne passe d'environ 102 €/MWh en 2010 à 143 en 2020, la France d'environ 54 à 90 : l'écart reste d'environ 50 €/MWh (estimation du site, le soutien français étant ramené par MWh sur 450 TWh). Comparer la seule ligne « énergie » est donc trompeur.

Attention : l'Allemagne a tout changé en même temps (production d'électricité 2010-2023)
Production brute allemande (TWh)2010202120222023
Nucléaire140,669,134,77,2
Charbon (lignite + houille)262,9164,7179,9124,8
Gaz88,890,379,076,6
Éolien (terre + mer)39,0115,0125,3142,1
Solaire11,750,661,062,9
Production totale (toutes sources)626,5586,4571,1503,8

Source : BDEW, Stromerzeugung 1991-2025. Les autres sources (hydraulique, biomasse, déchets, huile) ne sont pas détaillées.

Lecture. Entre 2010 et 2023, le nucléaire allemand a quasiment disparu (arrêt des derniers réacteurs en avril 2023), l'éolien et le solaire sont passés de 51 à 205 TWh, et la production de charbon a baissé de plus de moitié, avec une remontée temporaire en 2022 pendant la crise du gaz. La production de gaz n'augmente pas sur la période ; son rôle tient surtout à son prix, qui a fixé le prix de marché en 2022-2023. La production totale baisse de 20 % (demande plus faible, exportations moindres).

Prudence dans l'interprétation. La hausse du prix allemand mêle donc la sortie du nucléaire, la montée du renouvelable, le choc gaz de 2022 et la hausse des coûts de réseau. Le graphique montre bien le poids du soutien jusqu'en 2021, mais il ne permet pas, à lui seul, de séparer la part de chaque cause dans le rattrapage de l'énergie française sur l'énergie allemande.

Peut-on chiffrer le poids des renouvelables dans la hausse allemande ?
  • Coût direct (chiffré). La surcharge EEG passe de 2,05 à 6,5 ct/kWh entre 2010 et 2021 : +4,45 ct, soit environ 62 % de la hausse totale du prix TTC (+8,47 ct) une fois la TVA incluse. C'est la part la mieux documentée.
  • Réseau (une part significative, non chiffrée). La ligne « réseau » de la facture a augmenté de 50 €/MWh entre 2010 et 2025. Une part significative est liée à l'intégration des renouvelables : raccordements, renforcement du réseau pour absorber des pointes de production très élevées, gestion des congestions. Le réseau ne peut donc pas être exclu du bilan des renouvelables. Les sources disponibles ne répartissent pas ce coût par cause, l'électrification et le renouvellement des ouvrages anciens y contribuant aussi.
  • Gestion des congestions (ordre de grandeur). Le redispatch et l'écrêtement ont coûté environ 4,2 Md€ en 2022 et 3,1 Md€ en 2023 selon la Bundesnetzagentur (dont environ 0,6 Md€ d'écrêtement d'installations renouvelables en 2023), soit de l'ordre de 6 à 8 €/MWh pour une consommation d'environ 500 TWh (estimation).
  • Effet sur les prix de gros (non chiffré). Les renouvelables font baisser le prix de gros, car elles se placent avant les centrales les plus chères. Cet effet est déjà inclus dans la composante « énergie » du graphique. Son ampleur dépend de nombreuses hypothèses et les estimations disponibles varient beaucoup : nous ne la chiffrons pas. Pendant la crise de 2022, il est largement dépassé par la flambée des prix du gaz.
  • Coûts à venir. Les opérateurs de transport estiment l'investissement nécessaire à 440 Md€ pour le plan de développement 2037/2045, soit plus d'un tiers de plus que la prévision de 2023 ; le réseau de distribution aurait besoin d'environ 352 Md€ d'ici 2045 sous certaines conditions. Une étude de Consentec pour le BDEW évoque des frais de réseau moyens d'environ 20 ct/kWh en 2045, presque le double du niveau actuel. Le gouvernement prévoit une subvention de 6,5 Md€ par an aux coûts de réseau (non encore inscrite dans la loi), ainsi que 12 GW de nouvelles centrales à gaz pilotables, compatibles hydrogène, dès les premiers appels d'offres de 2026 ; un marché de capacité est prévu à partir de 2032.

Et si l'on met de côté la flambée du gaz ? En ramenant la composante énergie de 2025 à son niveau de 2021 (79 €/MWh, une convention de notre part), la hausse 2010-2025 est de 237 à 299 €/MWh TTC (+63) :

Variation 2010-2025 hors choc gaz (€/MWh, avant TVA)Variation
Énergie (niveau 2021)−2
Réseau+50
Autres taxes+25
Surcharge EEG (transférée au budget fédéral en 2022)−20
Total avant TVA+52

En résumé. Jusqu'en 2021, le soutien aux renouvelables est le principal facteur de la hausse du prix allemand (plus de 60 % avec la TVA), le réseau venant ensuite. Hors choc gaz, la hausse jusqu'en 2025 vient du réseau et des taxes, la surcharge EEG ayant quitté la facture pour le budget fédéral sans que son coût disparaisse. Le développement des renouvelables en est probablement la principale cause structurelle, par le soutien direct et par le réseau, le gaz expliquant le choc de 2022-2023.

Sources : BDEW et stromauskunft.de (prix, EEG) ; Bundesnetzagentur via pv-magazine, mai 2024 (congestions) ; zfk.de (réseau de transport et de distribution, Consentec/BDEW, subvention) ; Solarserver, janvier 2026 (centrales).

Comprendre le prix : le marché de gros et le parc de production

Ce que paient les particuliers dépend du prix de gros de l'électricité, donc du marché et du parc qui produit. Deux pages détaillent ces points.

  • Le prix de marché de l'électricité : comment un prix unique se forme chaque heure (de −118 à +473 €/MWh en 2025), pourquoi le prix français n'est aligné sur le prix allemand que dans 10 % des heures, et ce que cela implique pour un parc nucléaire et hydraulique. En 2025, le prix moyen (61,1 €/MWh) est égal au coût complet du nucléaire (60,3 selon la CRE).
  • Le mix énergétique de la France : le parc de production et son évolution. Fin 2025, la France compte environ 119 GW de capacités nucléaire, éolienne et solaire (nucléaire près de 63 GW, éolien 25,8 GW, solaire 30,4 GW). Le nucléaire a produit 373 TWh en 2025.

Le lien avec la facture passe par les prix à terme, lissés sur 24 mois pour le tarif réglementé (voir plus haut « Et ensuite ? »).

Commentaires

Commentaires des précédents visiteurs :


BOUTINET JJ.
2025-10-03 20:02:41

documents très intéressants , bien documentés , explicites , et très pédagogiques , félicitations !

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