
Chaque heure, un prix unique est fixé pour toutes les centrales appelées. Deux journées de 2025, de −118 à +473 €/MWh, montrent comment il se forme, pourquoi la France n'est alignée sur l'Allemagne que ponctuellement, et pourquoi ce mécanisme s'accorde mal avec un parc fait surtout de nucléaire et d'hydraulique.
Notre lecture. Un prix unique par heure est un bon outil pour décider quelles centrales utiliser à chaque instant. Il est beaucoup moins adapté pour rémunérer un parc fait presque entièrement de coûts fixes, comme le nucléaire et l'hydraulique (près de 80 % de la production française en 2025) : leur recette dépend d'un petit nombre d'heures rares, dont le prix est lié au gaz, alors que leur coût est stable. C'est l'objet des sections suivantes, qui séparent ce qui est mesuré de ce que nous en concluons.
Le marché « du lendemain » (day-ahead) fixe, pour chaque heure du jour suivant, un prix par zone, la France étant une zone. Un algorithme européen (Euphemia) calcule en même temps les prix de tous les pays reliés entre eux. Dans chaque zone, le principe est le même.
À court terme, la demande réagit peu au prix : l'électricité d'une heure froide de janvier est nécessaire quel qu'en soit le prix. C'est donc surtout l'offre qui fait varier le prix. Un exemple réel : le 20 janvier 2025, à 18 h, la France consommait 77,7 GW et exportait 4,7 GW.
| 20 janvier 2025, 18 h : ce qui a été produit en France | GW |
|---|---|
| Nucléaire | 56,0 |
| Hydraulique | 14,9 |
| Gaz | 8,4 |
| Éolien | 0,9 |
| Solaire | 0,0 |
| Autres (bioénergies, fioul, charbon) | 2,2 |
| Total produit = consommation 77,7 + exportation 4,7 | 82,4 |
| Prix de l'heure (France, et Allemagne) | 473 €/MWh |
Production moyenne de l'heure, RTE (eCO2mix, données définitives), prix ENTSO-E. Le nucléaire (56 GW) était à son niveau le plus haut de l'année.
Le gaz coûtait environ 93 €/MWh à produire en 2025 (combustible et CO₂). Pourtant le prix de cette heure est cinq fois plus élevé. La section suivante explique cet écart : le prix d'une offre n'est pas le coût de la centrale.
Un producteur ne propose pas toujours son coût. Son prix d'offre dépend de ce qu'il perd ou gagne à produire une heure de plus, et ce n'est pas la même chose pour une éolienne, un réacteur, un barrage ou une centrale à gaz. Le schéma classe les offres en trois zones.
Schéma de principe : l'ordre des offres et les trois zones de prix
Schéma de principe. L'offre réelle n'est pas publique sous cette forme ; les repères chiffrés viennent du tableau ci-dessous et des deux journées étudiées plus bas.
| Source d'électricité | Ce qui détermine son prix d'offre | Repère 2025 |
|---|---|---|
| Éolien et solaire sous soutien | La recette est garantie par un tarif d'achat ou un complément de rémunération : produire ne coûte rien, et peut même rapporter tant que la prime dépasse le prix négatif. | Charge de soutien de 6,2 Md€ pour 75 TWh en 2025 (CRE). Coût moyen des appels d'offres : 74 €/MWh (solaire au sol), 87 (éolien terrestre). |
| Nucléaire | Le combustible coûte peu, mais moduler un réacteur use le matériel et ne se fait pas à volonté : le parc offre bas, et module à la baisse quand le prix est nul ou négatif. | Combustible 8,1 €/MWh, coût complet 60,3 (CRE). Puissance moyenne de 32 GW aux heures à prix nul ou négatif, 49 GW aux heures au-dessus de 120 €/MWh. |
| Hydraulique de barrage | Le stock d'eau est limité : l'offre est la « valeur de l'eau », le prix auquel on espère la vendre plus tard. | Prix capté de 81 €/MWh, contre 61 pour le prix moyen de l'année. |
| Gaz | Coût du gaz et du CO₂ pour chaque MWh, plus le coût de démarrage. | Environ 93 €/MWh de coût variable (estimation du site, feuille « Test coût gaz »). |
| Moyens de pointe, effacements, importations | Offres au-dessus du coût du gaz : prime de rareté, quand il n'y a plus de marge. | 473 €/MWh le 20 janvier 2025 à 18 h. Plafond européen de plusieurs milliers d'euros, plancher à −500. |
Les données publiques donnent le prix de chaque heure et la production de chaque filière, pas l'offre qui a fixé le prix. Les trois zones sont une grille de lecture, pas une mesure.
Zone 1, zéro ou moins. Une part de l'éolien et du solaire reçoit son revenu quel que soit le prix de l'heure. Ces producteurs n'ont aucune raison d'arrêter quand le prix est nul. Le nucléaire, de son côté, ne module pas à volonté. Résultat en 2025 : plus de 500 heures à prix négatif en France, dont 93 % avec plus de 2 GW de solaire. Pour les contrats récents, le soutien est suspendu quand le prix est négatif, et la CRE estime l'économie de cet arrêt à environ 100 M€ par an.
Zone 2, le coût d'appel. C'est la zone que décrivent les manuels : on offre ce que coûte de produire. Elle commande le prix quand l'électricité n'est ni rare ni en excès.
Zone 3, la rareté. Quand toutes les centrales économiques sont appelées, la dernière offre peut valoir bien plus que son coût. Le prix devient un signal de rareté : il fait baisser la demande et rémunère les moyens qui ne tournent que quelques heures. C'est le 473 €/MWh de la section précédente.
Deux journées réelles, heure par heure, montrent le même parc donnant des prix opposés. En haut de chaque graphique, la production française par filière (barres) et la consommation (trait noir) : l'écart entre les deux est ce que la France exporte. En bas, le prix français et le prix allemand.
La baisse n'est pas portée par un seul réacteur : elle est répartie sur de nombreux réacteurs, qui réduisent chacun leur puissance (de l'ordre de vingt à trente réacteurs baissant chacun d'environ la moitié, ordre de grandeur). Un réacteur ne s'arrête pas pour si peu de temps : après un arrêt, le xénon, un poison neutronique, empêche de redémarrer pendant un à deux jours environ, et les cycles thermiques fatiguent les équipements. On agit donc à chaud : les grappes de commande s'insèrent plus ou moins dans le cœur, et on ajuste la concentration en bore, un absorbeur de neutrons dissous dans l'eau du circuit primaire. La chaleur produite baisse, la turbine reçoit moins de vapeur par fermeture partielle de ses vannes, et reste couplée au réseau.
Cette souplesse a un coût : une usure accrue du combustible et des équipements, et une capacité de modulation réduite en fin de cycle. La vitesse de variation et le plancher de puissance dépendent de l'état du combustible de chaque réacteur.
Mesuré. Avec le même parc nucléaire, le prix passe de −118 à 473 €/MWh selon la consommation, le vent, le soleil et ce que font les voisins. Le prix ne dit presque rien du coût du parc français, qui ne change pas d'une heure à l'autre.
Entre deux zones reliées, les prix ne peuvent différer que si la ligne est saturée. Tant qu'elle ne l'est pas, l'électricité va du pays le moins cher vers le plus cher, et les deux prix se rejoignent. Quand la ligne est pleine, chaque pays garde son prix, et la différence, la rente de congestion, revient aux gestionnaires de réseau.
En 2025, la France était connectée à plusieurs pays, dont l'Allemagne. Heure par heure, les deux prix étaient identiques dans seulement 10 % des heures.
Part des heures de 2025 selon l'écart des prix FR / DE
Part des heures à prix identiques selon le solde exportateur de la France
| 2025, 8 758 heures | Heures | Prix France | Prix Allemagne | Solde exportateur moyen |
|---|---|---|---|---|
| Prix identiques | 890 (10 %) | 70,2 | 70,2 | 7,7 GW |
| France moins chère | 6 053 (69 %) | 58,2 | 101,4 | 11,9 GW |
| France plus chère | 1 815 (21 %) | 66,4 | 58,5 | 7,7 GW |
| Année entière | 8 758 | 61,1 | 89,3 | 10,6 GW |
Prix en €/MWh, ENTSO-E. Le solde exportateur est le solde physique de la France avec tous ses voisins, d'après RTE (eCO2mix). Les heures « France moins chère » ont un écart moyen de −43 €/MWh, les heures « France plus chère » de +8.
Ce que les chiffres montrent.
Écart annuel de prix France − Allemagne (€/MWh)
Moyenne annuelle des prix horaires day-ahead, ENTSO-E. 2022 : crise de production nucléaire, la France importe (solde −16,5 TWh) et son prix dépasse le prix allemand. Nucléaire de 2023 à 2025 : 320, 362 et 373 TWh ; solde exportateur : 50, 89 et 92 TWh.
Mesuré. De 2019 à 2023, les prix annuels français et allemands sont proches (écart de +1,7 à +12,4 €/MWh), sauf en 2022 (+40,5, année de crise nucléaire). En 2024 et 2025, la France passe sous l'Allemagne de 20,5 puis 28,2 €/MWh, en même temps que le parc nucléaire revient et que les exportations passent de 50 à près de 90 TWh.
Notre lecture. L'idée qu'exporter fait monter le prix français est exacte quand la ligne n'est pas saturée : la demande adressée au parc français augmente, et le prix rejoint celui du voisin (c'est ce que montre le simulateur en bas de page). En 2025, cette situation est l'exception, 10 % des heures. Mais ces heures tombent aux extrêmes, celles où les recettes se jouent. Une moyenne annuelle ne peut donc pas mesurer l'effet : l'alignement est ponctuel, et seule une lecture par régimes le montre. Mécaniquement, plus les lignes sont grandes, moins elles saturent, et plus les heures alignées sont nombreuses : c'est un bénéfice de sécurité d'approvisionnement et de ventes, et un coût pour le consommateur français exposé au prix horaire. Nous ne l'avons pas chiffré.
En 2025, le nucléaire (373 TWh) et l'hydraulique (54 TWh) ont produit près de 80 % de l'électricité française. Ce sont des centrales dont presque tout le coût est fixe. Dans le coût complet du nucléaire de la CRE, 60,3 €/MWh, le combustible ne pèse que 8,1 : environ 87 % du coût complet n'est pas du combustible (exploitation fixe et capital). C'est un parc que l'on programme (arrêts de maintenance en été, pleine puissance en hiver) et qui n'ajuste son volume qu'à la marge.
Le marché horaire, lui, paie chaque MWh au prix d'une offre marginale. Voici ce qu'il a versé au nucléaire en 2025, si on lui applique le prix de chaque heure à sa production de l'heure (hors contrats, ARENH et couvertures).
Nucléaire 2025 : part des heures, du volume produit et de la recette, selon le prix de l'heure
| Prix de l'heure (€/MWh) | Heures | Prix moyen | Nucléaire (GW) | Volume (TWh) | Recette (M€) |
|---|---|---|---|---|---|
| Négatif | 507 | -6,5 | 31,7 | 16,1 | -90 |
| 0 à 30 | 2 229 | 13,2 | 37,6 | 83,9 | 1 160 |
| 30 à 60 | 1 639 | 43,7 | 42,1 | 69,0 | 3 029 |
| 60 à 90 | 1 967 | 76,0 | 45,5 | 89,6 | 6 818 |
| 90 à 120 | 1 476 | 103,2 | 46,2 | 68,2 | 7 044 |
| Plus de 120 | 940 | 144,1 | 49,0 | 46,1 | 6 665 |
| Année | 8 758 | 61,1 | 42,6 | 373,0 | 24 626 |
Recette théorique : production nucléaire de chaque heure × prix de l'heure. Ce n'est pas la recette réelle d'EDF, qui vend surtout à terme. Coût complet CRE : 60,3 €/MWh. Sources : RTE (eCO2mix définitif 2025), ENTSO-E, calculs du site.
Mesuré, 2025.
Prix moyen mensuel 2025, France et Allemagne (€/MWh)
Ce que répondent les défenseurs du système.
Notre lecture : trois constats sur l'adéquation.
1. La recette dépend des heures rares. Pour un parc à coûts fixes, ce n'est pas le niveau moyen du prix qui compte mais le petit nombre d'heures où il s'envole. Ces heures sont aussi celles où l'Allemagne et la France s'alignent.
2. Le prix qui rémunère ce parc est lié à une énergie qu'il n'utilise pas. Les heures qui font la recette coïncident avec la marche des centrales à gaz, 3 % de la production. Le coût du parc est stable (60,3 €/MWh) ; son prix varie de 19 à 123 d'un mois à l'autre en 2025, et de 58 (2024) à 97 (2023) d'une année à l'autre, hors crise de 2022 (276). Chaque tranche de 10 €/MWh d'écart sur les 362 TWh retenus par la CRE représente environ 3,6 Md€ par an, soit un transfert entre EDF, l'État et les consommateurs.
3. La répartition est décidée après coup, par des règles publiques. ARENH, bouclier tarifaire en 2022, VNU depuis 2026 : le marché ne règle pas la question de qui profite de l'écart entre le prix et le coût. Les dispositifs la règlent a posteriori, ce qui suggère que le prix de marché, seul, ne remplit pas la fonction de rémunération d'un parc de ce type.
Ce qui reste à établir. Quelle centrale fixe le prix de chaque heure (les données publiques ne le disent pas) ; le montant exact de la rente selon les contrats d'EDF ; l'effet net des exportations sur le prix moyen payé par les Français ; les années 2022 à 2024 heure par heure. Le raisonnement ci-dessus s'appuie sur 2025, complété en annuel pour 2019 à 2024.
Les particuliers ne paient pas le prix de l'heure. Les fournisseurs achètent l'essentiel de leur électricité à terme, des mois ou des années à l'avance (bourse EEX), et le tarif réglementé (TRVE) est construit sur des prix à terme lissés sur 24 mois : pour 2026, la CRE retient 63,9 €/MWh de Cal Base, alors que la moyenne cotée en décembre 2025 était de 49,5. Nous retrouvons ce lissage à moins de 1 % pour 2025 et 2026 à partir des cotations quotidiennes.
| €/MWh | Prix de gros moyen (spot FR) | Cal Base lissé (CRE) | Coût d'approvisionnement du tarif bleu (CRE) | Composante énergie payée (Eurostat) |
|---|---|---|---|---|
| 2020 | 32 | 48,3 | 53,5 | 70 |
| 2021 | 109 | – | 55,4 | 73 |
| 2022 | 276 | – | 116,9 | 100 |
| 2023 | 97 | – | 246 (proposition d'août) | 136 |
| 2024 | 58 | 191,7 | 130,4 | 152 |
| 2025 | 61 | 103,0 | ≈ 77 (estimation du site) | 109 |
| 2026 | – | 63,9 | – | – |
Sources : ENTSO-E, CRE (délibérations 2020-002, 2022-08, 2024-05, 2025-10, 2026-06), Eurostat (bande 2 500 à 4 999 kWh par an, offres de marché comprises).
Le lissage décale le moment où chacun paie : en 2024, le tarif intègre un Cal de 191,7 alors que le prix de gros constaté est de 58, parce qu'il reflète encore les cotations de 2022. Pour le détail du tarif et des offres, voir le prix de l'électricité en France ; pour le parc de production, voir le mix énergétique.
| Année | Prix FR | Prix DE | Écart | Nucléaire (TWh) | Solde d'échanges (TWh) | Heures à prix négatif | Nucléaire : prix capté / moyen | Solaire : prix capté / moyen |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 2019 | 39,4 | 37,7 | +1,7 | – | – | 27 | 1,03 | 0,96 |
| 2020 | 32,2 | 30,5 | +1,7 | 335 | – | 102 | 1,02 | 0,93 |
| 2021 | 109,2 | 96,8 | +12,4 | 361 | – | 64 | 1,01 | 0,86 |
| 2022 | 275,9 | 235,4 | +40,5 | 279 | −16,5 | 4 | 0,97 | 1,06 |
| 2023 | 96,9 | 95,2 | +1,7 | 320 | 50,1 | 147 | 1,03 | 0,86 |
| 2024 | 58,0 | 78,5 | −20,5 | 362 | 89,0 | 352 | 1,07 | 0,68 |
| 2025 | 61,1 | 89,3 | −28,2 | 373 | 92,3 | 513 | 1,08 | 0,59 |
Prix en €/MWh (moyenne des prix horaires day-ahead, ENTSO-E). Prix capté : prix moyen pondéré par la production de la filière ; 0,59 pour le solaire signifie qu'il a vendu à 59 % du prix moyen, soit 36 €/MWh pour une moyenne de 61. Nucléaire et soldes : RTE (bilans électriques ; 2024 déduit du bilan 2025). Heures négatives : décompte sur les fichiers horaires ENTSO-E.
| Repère | Valeur | Source |
|---|---|---|
| Coût complet du nucléaire existant | 60,3 €/MWh (2026-2028) ; 63,4 (2029-2031) ; coût déclaré par EDF : 79,6 | CRE |
| Décomposition du coût complet 2026-2028 | 30,6 d'exploitation (dont 8,1 de combustible) et 28,3 de capital | CRE |
| Production nucléaire retenue | 362 TWh par an (2026-2028) | CRE |
| Soutien public aux renouvelables électriques | 2 900 M€ en 2024, 6 181 M€ en 2025 (75 TWh), 7 287 M€ prévus en 2026 ; 2022-2023 : −5 500 M€ cumulés (recettes pour l'État) | CRE, délibération 2026-149 |
| Recettes de congestion de RTE en 2025 | 2 050 M€, dont 460 M€ déduits du TURPE | CRE |
| Part du temps où le prix français est sous l'enveloppe des coûts des centrales thermiques | 71 % en 2024, 48 % en 2023 | RTE |
Que se passe-t-il quand la France est reliée à un voisin dont les centrales les plus chères sont au gaz et au charbon ? Réglez la demande de chaque pays, le vent et le soleil, et la capacité de la ligne. Les valeurs sont illustratives (parcs simplifiés, coûts d'appel en €/MWh, puissances en GW pour une heure), pas des mesures : le simulateur montre le mécanisme, les sections précédentes donnent les mesures.
Parc France : éolien et solaire 10 GW, nucléaire 70 GW à 30 €/MWh, hydraulique 15 GW à 50, gaz 5 GW à 90. Parc Allemagne : éolien et solaire 30 GW, charbon et lignite 25 GW à 65, gaz 35 GW à 90. Au-delà de la puissance disponible, le prix est plafonné à une valeur de pénurie fictive de 200 €/MWh. Les coûts d'appel sont des coûts d'utilisation, pas des coûts complets. Le calcul reprend le principe de l'algorithme européen : un prix par zone, les échanges allant de la zone la moins chère vers la plus chère, et un écart de prix qui n'apparaît que lorsque la ligne est saturée.
Ce qu'il faut observer. Avec la ligne coupée, la France a son prix bas et l'Allemagne son prix élevé. En ouvrant la ligne, la France envoie de l'électricité à l'Allemagne : ses centrales produisent davantage, on appelle des centrales plus chères, et le prix français monte. Si la ligne est assez grande, les deux prix se rejoignent, et le prix français est alors celui des centrales du voisin. Si la ligne est trop petite, elle sature : les prix restent différents, et la France exporte à son prix. C'est ce que les heures de 2025 ont montré 69 % du temps.
Sources : description publique de l'algorithme Euphemia ; ENTSO-E Transparency Platform (prix day-ahead) ; RTE, éCO2mix ; RTE, bilan électrique 2024, prix ; CRE, coûts complets du nucléaire historique 2026-2028 ; CRE, utilisation des recettes de congestion en 2025 ; CRE, délibération 2026-06 sur le TRVE ; CRE, délibération 2026-149 (soutien aux renouvelables) ; Eurostat (nrg_pc_204_c).